Le député ghanéen John Ntim Fordjour, membre influent de la commission Défense et Intérieur du Parlement, accuse l'exécutif d'avoir ignoré ses alertes sur des activités suspectes liées au trafic de stupéfiants. Cette controverse prend une nouvelle ampleur suite à la saisie récente de près de 3,9 tonnes de cocaïne dans le port français de Dunkerque, une cargaison en provenance du Ghana qui relance le débat sur la surveillance des frontières et la sécurité nationale.
Des alertes parlementaires ignorées
En avril 2025, le député d'Assin South avait publiquement sollicité l'ouverture d'une enquête concernant deux aéronefs ayant atterri à l'aéroport international de Kotoka. Selon ses soupçons, ces appareils auraient pu être utilisés pour le transport illicite de cocaïne ou de devises. À l'époque, le gouvernement et la Ghana Airports Company Limited avaient formellement rejeté ces allégations, affirmant que les protocoles de sécurité n'avaient révélé aucune substance illicite lors des contrôles effectués sur les appareils.
Tentative d'arrestation et tensions politiques
La réaction des autorités face aux déclarations du parlementaire ne s'est pas limitée à un démenti. Le 9 avril 2025, des agents du Bureau national du renseignement (NIB) se sont présentés au domicile de Ntim Fordjour à Accra pour procéder à son arrestation. Cette opération a été avortée grâce à l'intervention rapide de collègues parlementaires et de responsables politiques, venus faire barrage aux forces de sécurité. Cet épisode a marqué une rupture profonde dans le dialogue entre l'opposition et les services de renseignement sur les questions de sécurité intérieure.
La saisie de Dunkerque comme point de bascule
La découverte par les douanes françaises d'une cargaison massive de cocaïne dans un conteneur expédié depuis le Ghana a replacé les accusations de Ntim Fordjour au centre de l'actualité. Bien que le député admette qu'aucun lien direct n'a été formellement établi entre les aéronefs qu'il avait signalés en 2025 et la saisie portuaire de Dunkerque, il estime que cet événement confirme la vulnérabilité des infrastructures logistiques ghanéennes. Pour le parlementaire, cette affaire illustre une gestion sécuritaire qui privilégie la répression des lanceurs d'alerte plutôt que l'examen rigoureux des risques réels de criminalité transnationale organisée.