Le député de Karaga et ancien ministre des Finances, le Dr Mohammed Amin Adam, a publiquement mis en cause la fiabilité du surplus de 5,45 milliards de GH¢ annoncé par GoldBod pour l'année 2025. Selon le parlementaire, cette performance financière repose sur une interprétation comptable contestable qui occulte la réalité opérationnelle de l'organisation.
Une requalification comptable sous surveillance
Au cœur de la controverse se trouve une injection de capital de 4,54 milliards de GH¢, versée par l'État le 30 décembre 2025, soit à la veille de la clôture de l'exercice. Le Dr Amin Adam souligne que cette somme, identifiée dans les documents internes comme du capital commercial renouvelable, a été indûment présentée comme un revenu. En vertu des normes comptables internationales et publiques, le parlementaire rappelle que les apports en capital ne peuvent être assimilés à des bénéfices, qualifiant cette pratique de trompeuse pour la lecture des résultats réels de l'entité.
La dépendance aux commissions de la Banque centrale
L'analyse du solde restant, soit 909,9 millions de GH¢, révèle également une structure de revenus largement dépendante des services facturés à la Banque du Ghana. Environ 827 millions de GH¢ proviennent en effet de frais de service liés aux opérations d'achat d'or. Le Dr Amin Adam pointe une contradiction majeure : GoldBod affiche un excédent financier tout en opérant un programme qui, selon ses dires, a engendré une perte de 22 milliards de GH¢ pour l'État. Cette situation soulève des interrogations sur la viabilité du modèle économique de l'institution.
Exigence de transparence et restructuration des comptes
Face à ces incohérences, le député exige une révision complète des comptes de GoldBod pour l'année 2025. Il insiste sur la nécessité de retirer l'injection de capital de la ligne des revenus afin de refléter fidèlement la performance commerciale de l'organisation. Cette demande de restructuration vise à rétablir la transparence financière et à clarifier la gestion des fonds publics alloués aux opérations de GoldBod, alors que l'institution est sous le feu des critiques concernant sa contribution réelle à l'économie nationale.