Le député martiniquais Jiovanny William a remis un rapport contenant 14 mesures destinées à diminuer le prix des billets d’avion entre la métropole et les territoires d’Outre‑mer. Selon son analyse, la hausse de 45 % des tarifs depuis 2019 s’explique surtout à la progression de la taxe de solidarité, qualifiée de « raz‑de‑marée » pour les ultra‑marins.
Encadrement de la taxe de solidarité et de la tarification dynamique
Le texte propose de plafonner la taxe de solidarité – passée de 2,63 € à 7,40 € par passager entre 2022 et 2026, soit +181 % – et d’établir une fourchette compatible avec le droit européen. Il suggère également de réguler la tarification dynamique, pratique qui ajuste les prix en fonction du taux de remplissage des avions, afin d’éviter des fluctuations excessives pour les voyageurs.
Création d’un cadre juridique spécifique pour le yield management
William recommande d’instaurer un « cadre juridique spécifique » encadrant le yield management, c’est‑à‑dire l’ajustement des tarifs selon le remplissage des vols. L’objectif est de rendre les pratiques tarifaires plus transparentes et de contraindre les compagnies à justifier leurs marges, tout en préservant la concurrence sur la plupart des liaisons, à l’exception notable de Mayotte et, dans une moindre mesure, de la Guyane.
Soutien à la mobilité pour les classes moyennes
Le député propose d’ouvrir aux classes moyennes les aides à la mobilité actuellement réservées aux personnes défavorisées, et d’assurer à l’Agence de l’Outre‑mer pour la mobilité (LADOM) un quota de sièges au tarif le plus bas tout au long de l’année. Il plaide aussi pour une hausse substantielle du financement de la LADOM, dont la dotation prévue de 67 M€ en 2025 représente seulement un tiers de celle allouée à la Corse, alors que la population ultra‑marine est huit fois plus nombreuse.
Obligations de transparence et conditionnement des incitations fiscales
Face au refus des compagnies aériennes de communiquer leurs données de coûts, le rapport suggère de les contraindre à fournir ces informations et de lier la défiscalisation de leurs investissements à la signature d’un contrat de régulation des prix des billets. Cette approche vise à garantir que les aides publiques ne soient pas absorbées par des marges excessives, mais réellement réinvesties dans la réduction du coût du transport aérien.