Le député John Ntim Fordjour dénonce une application sélective de la loi sur les publications mensongères au Ghana

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 32 lectures
Le député John Ntim Fordjour dénonce une application sélective de la loi sur les publications mensongères au Ghana

Le député d'Assin South, le révérend John Ntim Fordjour, a vivement critiqué la gestion par les autorités policières de l'affaire impliquant la créatrice de contenu Salomey Awiti Bafoh. Il dénonce une instrumentalisation de l'article 208 du Code pénal et des infractions connexes, y voyant une justice sélective visant prioritairement les voix critiques du gouvernement en place.

Controverse autour de l'arrestation de Salomey Awiti Bafoh

L'affaire concerne l'arrestation et le placement en détention provisoire de Salomey Awiti Bafoh, une infirmière cadre et mère de quatre enfants, soupçonnée de liens avec la créatrice de contenu basée au Royaume-Uni, Barbara Asantewaa Kodua, connue sous le nom de « Ghana Jollof ». Le député Ntim Fordjour a fustigé la tenue d'une conférence de presse par la Direction des enquêtes criminelles (CID), lors de laquelle des vidéos incriminant la suspecte ont été diffusées publiquement, tout en déplorant les conditions de son interpellation à 400 kilomètres de la capitale et les difficultés d'accès à ses conseils juridiques.

Accusations de partialité dans l'application de la loi

Au cœur du débat se trouve l'application de l'article 208 du Code pénal, qui réprime la diffusion de fausses informations. Le parlementaire s'interroge sur la cohérence de cette répression, soulignant que de nombreux autres créateurs de contenu, dont certains proches du pouvoir, diffusent régulièrement des propos offensants ou des discours de haine sans jamais faire l'objet d'enquêtes ou d'arrestations. Pour le député, cette disparité de traitement suggère que la loi est utilisée comme un outil politique plutôt que comme un instrument de régulation impartial.

Appel à la vigilance des autorités morales

Face à ce qu'il qualifie d'hypocrisie institutionnelle, John Ntim Fordjour a lancé un appel solennel aux chefs traditionnels, aux journalistes et aux leaders religieux. Il les exhorte à s'élever contre ce qu'il considère comme une dérive autoritaire et une application inéquitable du droit. L'enjeu, selon lui, dépasse le cadre partisan : il s'agit de garantir que l'appareil judiciaire ghanéen ne soit pas instrumentalisé pour museler les citoyens en fonction de leur proximité ou de leur opposition aux partis politiques, qu'il s'agisse du NPP ou du NDC.

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