Face à une dégradation sécuritaire persistante dans l'arrondissement de Waza, dans le département du Logone-et-Chari, le député Harouna Soumaï a officiellement interpellé les autorités camerounaises. L'élu dénonce une situation humanitaire alarmante marquée par des déplacements massifs de populations et l'effondrement des services publics essentiels.
Une insécurité qui paralyse la vie économique et sociale
La région de Waza est en proie à une insécurité chronique depuis plusieurs mois, caractérisée par des attaques, des enlèvements et des vols de bétail récurrents. Cette instabilité a contraint les agriculteurs à abandonner leurs terres, autrefois considérées comme le grenier de la zone. Selon le député, les activités quotidiennes, qu'il s'agisse de se rendre au champ ou au marché, sont devenues des risques vitaux pour les habitants. Bien que les forces de défense soient présentes, l'élu souligne leur insuffisance numérique face à l'étendue du territoire et demande un renforcement immédiat des dispositifs de sécurité, notamment sur l'axe stratégique Kousseri-Waza.
L'urgence humanitaire des populations déplacées
Le corollaire direct de cette insécurité est le déplacement forcé de milliers de citoyens vers les zones urbaines de Waza, Kousseri et Maroua. Ces populations déplacées vivent aujourd'hui dans une précarité extrême, manquant cruellement d'eau potable, de nourriture et d'accès aux soins de santé de base. Harouna Soumaï pointe du doigt l'insuffisance criante de l'aide humanitaire actuelle, soulignant que les centres de santé locaux sont désormais vides et que la scolarisation des enfants est totalement interrompue.
Le plaidoyer pour un retour des services de l'État
Au-delà de l'urgence sécuritaire, le député appelle à une réponse structurelle de l'État pour permettre aux populations de regagner leurs foyers. Sa doléance repose sur trois piliers : la sécurisation effective des villages, une intervention immédiate du ministère de l'Administration territoriale et du ministère des Affaires sociales pour le ravitaillement des déplacés, et la réhabilitation des infrastructures de base. La remise en état des routes, des écoles et des centres de santé est présentée comme une condition sine qua non pour restaurer la présence de l'État dans cette localité, qui abrite pourtant l'un des parcs nationaux les plus emblématiques du pays.