Le député Guy Marius Sagna a vivement interpellé le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo lors de la Déclaration de politique générale (DPG) à l'Assemblée nationale. Ses critiques portent sur la méthode de gouvernance, la gestion des accords financiers internationaux et la transparence des actions de l'exécutif.
La conformité constitutionnelle de l'accord avec le FMI
Au cœur des débats, l'accord conclu entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI) a été vivement contesté par le parlementaire. En s'appuyant sur l'article 96 de la Constitution, Guy Marius Sagna a rappelé que tout engagement financier de l'État nécessite une approbation législative préalable. Il a reproché au gouvernement d'avoir engagé la voix du pays sans concertation avec la représentation nationale, qualifiant cette démarche de non-républicaine.
Critiques sur la gestion des fonds et la fondation présidentielle
Le député a également soulevé des interrogations sur l'utilisation des ressources publiques, notamment concernant une contribution de 500 millions de FCFA destinée aux Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ). Il a contesté la communication officielle entourant cette somme, initialement attribuée aux épouses du président Bassirou Diomaye Diakhar Faye. Sagna a souligné que ces fonds émanent de la « fondation Diomaye », une structure dont il conteste la nature et le nom, qu'il juge inédits dans l'histoire politique sénégalaise.
La responsabilité de l'ancien régime et les suites judiciaires
Sur le plan de la redevabilité, le député a déploré le silence du gouvernement actuel concernant la gestion de l'ancien président Macky Sall. Il a notamment critiqué le soutien apporté par le gouvernement à la candidature de ce dernier à l'ONU. Pour marquer son opposition à cette ligne politique, Guy Marius Sagna a annoncé le dépôt prochain d'une nouvelle proposition de mise en accusation contre l'ancien chef de l'État, réclamant ainsi une reddition des comptes sur la gestion passée.
Une vision divergente sur la souveraineté et la justice
Dans son analyse de la DPG, le député a estimé que les orientations actuelles du gouvernement manquent de rupture réelle avec les pratiques antérieures. Selon lui, si certains aspects de la politique gouvernementale ont été maintenus, les piliers fondamentaux que sont la transparence, la justice et la souveraineté ne sont pas suffisamment portés par l'exécutif actuel.