Le député ghanéen Nana Agyei Baffour Awuah a refusé d’être emmené à l’Economic and Organised Crime Office (EOCO) après ce qu’il a qualifié d’« enlèvement d’État », insistant pour ne se rendre que si la procédure était respectée.
Une enquête de l’EOCO déjà en cours
L’EOCO a indiqué que l’incident faisait suite à deux invitations adressées à Baffour Awuah en février pour l’interroger dans le cadre d’une enquête en cours sur des faits de criminalité économique et organisée. Selon l’agence, le député aurait ignoré ces convocations, d’où la décision d’organiser une nouvelle tentative d’audition. L’EOCO précise que son objectif était de sécuriser la présence du parlementaire afin de garantir le bon déroulement de l’instruction.
Le déroulement de l’incident et les accusations d’enlèvement
Selon le député, l’incident s’est produit immédiatement après qu’il ait quitté le tribunal et s’est adressé aux médias. Une femme l’aurait approché, affirmant qu’il était requis à l’EOCO, et aurait saisi son poignet pour le contraindre à le suivre. Baffour Awuah aurait alors proposé de se rendre lui‑même à l’agence dans son propre véhicule. La femme aurait refusé, tentant de le placer dans une voiture de l’EOCO sans fournir de pièce d’identité. L’absence de justificatif a renforcé ses soupçons d’une tentative d’enlèvement « d’État » et il a préféré rester dans son automobile, refusant d’embarquer dans le véhicule de l’agence.
Conséquences pour la procédure judiciaire et la souveraineté parlementaire
Le parlementaire a déclaré que son refus ne constituait pas une fuite devant la justice, mais une réaction à une arrestation qu’il juge illégale. Il a affirmé chercher « sanctuaire » au sein du Parlement, invoquant le droit de protection contre des détentions arbitraires. Cette position soulève la question du respect des procédures d’enquête par les autorités anti‑corruption lorsqu’elles interviennent auprès de membres du pouvoir législatif, et rappelle les garanties constitutionnelles de protection des parlementaires contre des arrestations sans mandat.
Réactions et perspectives
L’EOCO, pour sa part, maintient que l’invitation a été correctement formulée et que le député a été informé de son obligation de comparaître. Aucun mandat d’arrêt n’a été présenté, ce qui, selon le député, confirme l’aspect « illégal » de l’intervention. Les observateurs juridiques locaux soulignent que l’affaire pourrait déboucher sur un examen judiciaire de la légalité des méthodes d’enquête de l’EOCO, ainsi que sur un éventuel renforcement des protocoles de communication entre les organes législatifs et les agences de lutte contre la criminalité économique. En attendant, Baffour Awuah a réaffirmé qu’il se rendrait à l’EOCO uniquement lorsque l’agence respectera les procédures appropriées, déclarant ne craindre aucune répercussion légale.