Le député ghanéen Nana Agyei Baffour Awuah, également avocat de l’infirmière détenue Salomey Baffoe Awiti, a quitté le tribunal d’Accra après une confrontation avec des agents de sécurité qu’il identifie comme appartenant à l’Economic and Organised Crime Office (EOCO). Il justifie sa fuite par la crainte d’une tentative d’enlèvement et par la nécessité de protéger sa famille et ses fonctions parlementaires.
Contexte de l’affaire Baffoe Awiti
Salomey Baffoe Awiti, infirmière, est incarcérée pour complicité présumée dans la diffusion d’informations fausses liées au compte TikTok « Ghana Jollof ». Sa demande de mise en liberté sous caution a été examinée par la Haute Cour d’Accra, mais le tribunal a reporté l’audience au jeudi 24 septembre, à la demande du parquet qui souhaitait davantage de temps pour répondre à la requête de la défense.
L’incident au tribunal et les accusations de menace
Lors de l’audience du mercredi, le député a été confronté à une femme qu’il a décrite comme cherchant à l’arrêter. Awuah a tenté de vérifier l’existence d’un mandat d’arrêt, mais la femme n’a pu en produire aucun. Selon le député, cette absence de mandat a renforcé ses soupçons d’une opération de kidnapping « sponsorisée par l’État », qu’il aurait perçue comme liée aux récents enlèvements signalés dans le pays.
Il a déclaré que, face à l’incapacité de la femme à justifier son intervention, il a estimé que sa sécurité et celle de ses proches étaient menacées. Il a donc choisi de quitter les lieux en voiture, se rendant d’abord au Parlement où ses collègues l’ont rejoint, afin de poursuivre son travail législatif et de rester disponible pour défendre les intérêts de sa cliente.
Conséquences immédiates et réactions parlementaires
Après avoir atteint le Parlement, Awuah a indiqué que son déplacement était également motivé par un engagement prévu dans un comité parlementaire. Il a souligné que sa présence était indispensable pour protéger les droits de l’infirmière, notamment ceux de son enfant de quatre ans qui attend la libération de sa mère.
Le député a affirmé que la femme aurait tenté de l’enlever pendant son trajet vers le Parlement, renforçant ainsi son sentiment d’insécurité. Les autorités n’ont pas encore clarifié si les agents de sécurité présents étaient effectivement des membres de l’EOCO ou s’ils disposaient du pouvoir d’arrêter un parlementaire.
Cette affaire soulève des questions sur l’indépendance du pouvoir judiciaire et la protection des représentants élus lorsqu’ils interviennent dans des dossiers judiciaires sensibles. Le report de la demande de mise en liberté de Baffoe Awiti et les allégations de tentative d’enlèvement par des forces de l’ordre restent à être examinés de près par les instances législatives et les organisations de défense des droits humains au Ghana.