Face aux velléités de privatisation partielle de l'Electricity Company of Ghana (ECG), le député Collins Adomako-Mensah, membre de la commission parlementaire de l'Énergie, appelle à une concertation nationale approfondie. Si l'opposition ne rejette pas par principe l'implication du secteur privé, elle exige une transparence accrue sur les modalités envisagées pour améliorer l'efficacité du service public.
Une stratégie axée sur l'efficacité commerciale
Le débat porte essentiellement sur la gestion du segment de détail de l'ECG. Selon M. Adomako-Mensah, l'implication d'opérateurs privés pourrait constituer un levier pour réduire les pertes commerciales, historiquement liées aux difficultés de recouvrement des factures. Cette position s'inscrit dans une volonté affichée d'optimiser les performances opérationnelles de l'entreprise publique, dont les pertes techniques et financières pèsent lourdement sur le secteur énergétique national.
Le paradoxe des performances récentes
Le député souligne toutefois une contradiction émergente : l'ECG a récemment enregistré des progrès opérationnels notables en gestion directe. Cette amélioration interroge la pertinence d'une intervention privée. M. Adomako-Mensah rapporte que certains responsables de l'entreprise s'interrogent sur l'utilité d'un transfert de compétences ou de gestion, suggérant qu'il serait peut-être plus judicieux de renforcer les mécanismes internes qui ont déjà prouvé leur efficacité plutôt que de modifier structurellement le modèle de gouvernance.
L'opacité du rapport gouvernemental
Un point de tension majeur réside dans le manque de transparence entourant les travaux du comité gouvernemental chargé d'étudier les modalités de cette réforme. Bien qu'un rapport ait été soumis au Président, celui-ci demeure confidentiel. Les membres de la commission parlementaire de l'Énergie, pourtant acteurs clés du contrôle législatif, n'ont pas eu accès à ce document. Cette absence de visibilité alimente les inquiétudes, notamment celles exprimées par le Trades Union Congress (TUC), et renforce l'exigence d'un processus décisionnel inclusif.
Vers une décision concertée
Pour le parlementaire, la précipitation serait contre-productive. Il insiste sur la nécessité d'ouvrir le dialogue à l'ensemble des parties prenantes afin de parvenir à une décision consensuelle et durable. L'enjeu est de taille : il s'agit de garantir la viabilité à long terme de l'approvisionnement électrique tout en protégeant les intérêts des citoyens et la souveraineté sur une infrastructure stratégique.