Alors que la session parlementaire doit débuter le 15 septembre, le député Augustin Kabuya a sollicité le bureau de l’Assemblée nationale pour repousser la cérémonie officielle à la soirée. Cette demande vise à réduire les risques de confrontation entre les députés et les manifestants prévus par la coalition d’opposition C64, qui prévoit une marche devant le Palais du Peuple.
Une proposition d’ouverture en soirée portée par l’UDPS
Dans une lettre datée du 7 septembre adressée au président de l’Assemblée, le député Kabuya, secrétaire général de l’UDPS, a recommandé que la séance d’inauguration se tienne à 18 heures. Il justifie ce décalage par la nécessité de préserver le caractère solennel de la rentrée tout en anticipant les mouvements de foule attendus dans la capitale.
Motifs sécuritaires et gestion de la circulation
Le texte de la demande souligne deux axes principaux : d’une part, éviter un face‑à‑face entre les manifestants de la C64 et les parlementaires, d’autre part, limiter les perturbations du trafic routier autour du Palais du Peuple. Selon Kabuya, un créneau en soirée offrirait aux forces de l’ordre davantage de marge de manœuvre pour sécuriser le site et garantir la libre circulation des habitants de Kinshasa.
Réactions de la coalition C64 et contexte constitutionnel
La C64, qui regroupe plusieurs partis d’opposition, a annoncé une marche le même jour pour protester contre toute modification de la Constitution susceptible d’ouvrir la voie à un troisième mandat présidentiel pour Félix Tshisekedi. Bien que le droit de manifester soit inscrit dans la Constitution, les autorités craignent que la convergence de la cérémonie officielle et de la manifestation ne serve de prétexte à des débordements.
Enjeux pour le dialogue national et la stabilité politique
Au-delà de la question de l’horaire, la proposition de Kabuya s’inscrit dans un climat politique tendu, où le gouvernement attend toujours l’ordonnance présidentielle sur le dialogue national. Les observateurs voient dans ce geste une tentative de désamorcer les tensions tout en maintenant le calendrier législatif. Si l’ajustement est accepté, il pourrait contribuer à apaiser les relations entre le pouvoir et l’opposition, mais il ne résout pas les divergences fondamentales autour du projet de révision constitutionnelle.