Au lendemain d'un accord financier majeur avec le Fonds monétaire international (FMI), le député Amadou Ba, membre de la majorité parlementaire, a initié une enquête parlementaire sur la gestion de la dette sénégalaise. Cette démarche vise à faire la lumière sur une sous-déclaration massive des engagements financiers de l'État, estimée à plusieurs milliers de milliards de FCFA.
Une révision à la hausse des indicateurs financiers
Les données récentes révèlent un écart significatif entre les chiffres officiellement communiqués et la réalité des comptes publics. Alors que la dette était évaluée à 74,4 % du PIB fin 2023, les révisions actuelles portent ce taux à 111 %, atteignant 118,8 % à la fin de l'année 2024. Le FMI a corroboré cette situation en confirmant une sous-déclaration d'environ 5 milliards de dollars sur la période 2019-2024, une anomalie que le député Amadou Ba chiffre, quant à lui, à 7 000 milliards de FCFA, soit un montant supérieur au budget annuel de l'État.
Objectifs et périmètre de l'investigation parlementaire
L'enquête initiée par le parlementaire se donne pour mission de retracer les mécanismes ayant permis de contracter des engagements financiers en dehors des circuits budgétaires classiques. Les investigations porteront sur l'identification des responsables, l'usage réel des fonds, les programmes financés ainsi que les circuits bancaires et les sous-traitants impliqués. Le député entend également examiner les risques de surfacturation et de détournement, tout en questionnant les failles ayant permis de contourner le contrôle de l'Assemblée nationale.
Responsabilités et zones d'ombre institutionnelles
Si la Cour des comptes a pointé une volonté délibérée de sous-estimer le stock de la dette, le FMI, par l'intermédiaire de son représentant résident Majdi Debbich, rejette toute responsabilité dans cette dissimulation, imputant les défaillances à l'État sénégalais. Parallèlement, le député Amadou Ba interpelle le gouvernement sur l'absence de saisine du Parquet financier face à l'ampleur des montants en jeu. Bien que le terme « dette cachée » ne soit pas explicitement utilisé dans les rapports du FMI, la confirmation d'une sous-déclaration systématique place désormais les autorités face à une exigence de transparence accrue vis-à-vis des citoyens.