Le débat sur le projet de loi de finances rectificative à l'Assemblée nationale sénégalaise a été marqué par une vive critique du président de la Commission des lois et des finances, Alfonse Mané Samb. Le parlementaire a mis en cause la sincérité des chiffres présentés par l'exécutif, pointant du doigt des incohérences budgétaires et des arbitrages défavorables aux services publics essentiels.
Une remise en question du déficit budgétaire
Alfonse Mané Samb conteste l'évaluation du déficit public, actuellement projeté à 7,6 % du PIB. Selon son analyse, ce chiffre ne reflète pas la réalité de l'exécution budgétaire, notamment en raison d'une faible capacité d'absorption des crédits d'investissement. Le député estime qu'une révision de ces dépenses, à hauteur de 450 milliards de FCFA, permettrait d'améliorer le solde budgétaire de 1,6 à 2 points, offrant ainsi une lecture plus fidèle des finances publiques.
Coupes budgétaires dans les secteurs sociaux
Au-delà des chiffres macroéconomiques, le parlementaire a dénoncé le désengagement de l'État sur des projets à fort impact social. Il a notamment souligné la réduction drastique des fonds alloués aux transferts d'eau, passés de 50 milliards à 8 milliards de FCFA. Le secteur de la santé est également touché par l'annulation des crédits destinés à la construction de 35 centres de santé, tandis que l'éducation subit la suppression des financements prévus pour le remplacement de 92 abris provisoires répartis entre écoles élémentaires et collèges.
Exigence de transparence parlementaire
Le président de la Commission des lois a exprimé de sérieuses réserves sur la qualité de l'information transmise aux députés. Il a déploré l'absence de documents essentiels nécessaires à une analyse rigoureuse du projet de loi, tout en pointant un manque de clarté sur les données relatives à la dette nationale. Face à ces manquements, Alfonse Mané Samb a appelé le gouvernement à une concertation accrue avec la représentation nationale, condition sine qua non, selon lui, pour garantir la légitimité et la transparence des choix budgétaires opérés pour le pays.