La tenue de la Déclaration de politique générale (DPG) du Premier ministre, annoncée pour le 1er septembre, suscite une vive controverse procédurale au sein de l'Assemblée nationale sénégalaise. Le député de l'opposition Abdou Mbow conteste formellement cette échéance, arguant qu'elle contrevient aux dispositions impératives du règlement intérieur de l'institution parlementaire.
Le blocage lié aux vacances parlementaires
Abdou Mbow souligne d'emblée que l'Assemblée nationale se trouve actuellement en période de vacances parlementaires. Selon l'élu, cette situation rend impossible la tenue d'une séance plénière sans l'ouverture préalable d'une session extraordinaire. Cette étape, qui nécessite une convocation formelle et le respect d'un quorum, constitue, selon lui, un préalable indispensable que l'exécutif ne peut ignorer au nom de l'urgence politique.
Le respect des délais de notification
Au cœur de l'argumentaire du député figure l'article 109 du règlement intérieur de l'Assemblée nationale. Abdou Mbow insiste sur l'obligation légale d'informer les députés au moins huit jours avant la tenue de la DPG. Il estime que le calendrier actuel, entre la réunion du Bureau et la date du 1er septembre, ne permet pas de respecter ce délai de prévenance, rendant la programmation annoncée juridiquement caduque.
La hiérarchie des normes parlementaires
Au-delà de la simple question de calendrier, le député place le débat sur le terrain du respect des institutions. Il s'étonne que des dates soient communiquées par des canaux institutionnels alors que la Conférence des présidents, seule habilitée à fixer le calendrier des travaux après l'ouverture d'une session, n'a pas encore validé le processus. Pour Abdou Mbow, cette précipitation est symptomatique d'une volonté d'écarter les procédures législatives établies.
En rappelant que le fonctionnement de l'État est régi par des lois et des règlements stricts, le parlementaire souligne que la légitimité de l'exercice démocratique dépend de la rigueur avec laquelle ces règles sont appliquées. Il appelle ainsi à une mise en conformité du calendrier avec les exigences procédurales, affirmant que le respect du règlement intérieur doit primer sur toute autre considération politique.