Une demande officielle visant à créer une formation politique baptisée « Likoud » a été déposée auprès du ministère de l'Intérieur marocain, déclenchant une vive polémique dans le pays. Ce projet, qui s'inscrit dans le contexte de la normalisation des relations entre le Maroc et Israël, interroge sur les limites constitutionnelles relatives aux fondements des partis politiques.
Une initiative sous le nom du Likoud
Le 3 novembre 2026, une demande a été enregistrée au bureau d'ordre du ministère de l'Intérieur par un certain El Hocine Benmessaoud, agissant au nom d'une coordination constitutive. Si le document mentionne en arabe le nom « Al Wihda » (l'unité), il affiche en en-tête le terme « Likoud » en caractères hébreux, une référence directe au parti politique israélien dirigé par Benyamin Netanyahou. Dans leur argumentation, les initiateurs du projet s'appuient sur les accords de normalisation récents et sur les prérogatives constitutionnelles du roi Mohammed VI en tant que « commandeur des croyants ».
La controverse sur l'usage de l'identité religieuse
La diffusion de cette demande sur les réseaux sociaux a suscité des réactions critiques au sein de la société civile. Ahmed Ouihman, président de l'observatoire marocain contre la normalisation, a mis en garde contre l'instrumentalisation des identités religieuses et culturelles à des fins politiques. De son côté, le chercheur Idriss El Kanbouri a souligné que le titre de « commandeur des croyants » garantit la liberté religieuse, mais ne saurait justifier le transfert de l'institution religieuse islamique vers d'autres confessions.
La position des autorités face au cadre légal
Face à l'ampleur des débats, des sources proches du ministère de l'Intérieur ont précisé que le dépôt d'une lettre ne constitue pas une déclaration légale de constitution d'un parti et ne confère aucune valeur juridique. Ces mêmes sources ont rappelé les dispositions de la loi marocaine, qui stipule que la création d'une formation politique fondée sur des critères religieux, linguistiques, ethniques ou régionaux est nulle et non avenue. À ce jour, aucune décision officielle n'a été rendue sur la recevabilité de cette demande, laissant planer une incertitude sur la suite de ce dossier sensible.