Face à une recrudescence préoccupante des cancers du sein et du col de l'utérus dans le département de Pikine, les autorités sanitaires locales appellent à une refonte de la stratégie de prévention. L'enjeu est de transformer la mobilisation ponctuelle d'Octobre rose en un dispositif de dépistage accessible et pérenne pour toutes les femmes.
Une situation sanitaire critique
Le constat dressé par le Dr Oulimata Gaye, adjointe au maire de Djiddah Thiaroye Kao, est sans appel : les indicateurs de santé sont au rouge dans le département. Si le cancer du sein touche désormais une femme sur dix à douze, le cancer du col de l'utérus, bien que moins médiatisé, affiche une progression inquiétante. Cette pathologie, souvent diagnostiquée tardivement, reste largement sous-évaluée en raison d'une prise en charge limitée aux structures de proximité qui peinent à couvrir l'ensemble de la population féminine.
Le frein financier de l'accès aux soins
L'analyse des données locales révèle une corrélation directe entre la gratuité des examens et le taux de fréquentation des centres de santé. Actuellement, l'affluence observée durant le mois d'octobre démontre que le coût des consultations constitue le principal obstacle au dépistage précoce. En dehors de cette période de sensibilisation, le renoncement aux soins devient la norme pour de nombreuses femmes, faute de moyens financiers. Cette dynamique souligne l'urgence de déconnecter l'accès au diagnostic des campagnes ponctuelles pour garantir un suivi médical continu.
Renforcement du plateau technique et engagement privé
Pour inverser cette tendance, le Dr Oulimata Gaye préconise une modernisation significative du plateau technique des structures sanitaires de Pikine. L'acquisition d'équipements d'imagerie médicale performants, notamment des appareils de mammographie et d'échographie, est jugée indispensable pour assurer un diagnostic fiable et rapide. Parallèlement, une stratégie de financement innovante est envisagée : l'implication du secteur privé. À travers leurs programmes de responsabilité sociétale des entreprises (RSE), les sociétés implantées dans le département sont appelées à soutenir financièrement les campagnes de prévention et l'amélioration des infrastructures de santé. Cette synergie entre acteurs publics et privés est présentée comme une condition nécessaire pour faire de la lutte contre les cancers féminins une priorité de santé publique durable.