Le département de la Justice des États-Unis a formellement inculpé cinq hommes, présentés comme des agents ou des collaborateurs des services de renseignement russes, pour avoir orchestré des projets d'assassinats visant des alliés de l'Ukraine. Ces accusations, qui portent sur des faits survenus jusqu'à l'été 2025, mettent en lumière une tentative présumée d'exportation de la violence politique russe sur le sol américain et européen.
Une structure opérationnelle identifiée
Parmi les cinq suspects figurent des membres haut placés du réseau de renseignement russe, notamment Yuri Khrameev, ancien colonel, et son fils Kirill Khrameev, officier du Service fédéral de sécurité (FSB). Le groupe inclut également Oemis Romagoza Durruthy, un ressortissant cubain résidant en Russie, ainsi que Yaidel Delgado Suarez et Angel Eduardo Castro. Ces derniers sont accusés d'avoir tenté de recruter des individus aux États-Unis pour surveiller et éliminer des dissidents russes ou des personnalités perçues comme hostiles aux intérêts de Moscou.
Des méthodes de recrutement par contrat
Les éléments fournis par les autorités américaines détaillent un mode opératoire basé sur le mercenariat. Dans un cas précis, les suspects auraient offert entre 1 000 et 1 500 dollars pour une mission de surveillance, assortis d'une prime de 40 000 dollars pour l'exécution d'un dissident basé aux États-Unis. Un autre volet de l'enquête concerne une tentative de meurtre planifiée en Lituanie en 2025, où une prime de 25 000 dollars aurait été proposée pour éliminer une cible accusée de « déformer l'histoire » de la Russie.
Un contexte diplomatique sous tension
Alors que Washington a inculpé ces individus pour conspiration en vue de financer le terrorisme et meurtre par contrat, les suspects demeurent en fuite. Le Kremlin, par la voix de son porte-parole Dmitry Peskov, a rejeté ces allégations en l'absence de preuves tangibles. Cette affaire s'inscrit dans une série de menaces similaires signalées récemment en Europe, notamment en Pologne et en Allemagne, visant des figures jugées gênantes par le régime russe. Ces nouvelles tensions surviennent paradoxalement dans une période de contacts diplomatiques renouvelés entre les services de renseignement des deux puissances, marqués par la visite récente du directeur de la CIA à Moscou.