Le départ de Fadilou Keïta de la direction générale de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) marque la fin d'un mandat de deux ans marqué par une volonté de transparence sur les difficultés structurelles de l'institution. L'ancien directeur laisse derrière lui des chantiers immobiliers complexes dont les retards de livraison pèsent lourdement sur les finances publiques.
Le passif financier de la Tour des Mamelles
Parmi les dossiers les plus préoccupants figure le projet de la Tour des Mamelles, qualifié par Fadilou Keïta de cas d'école en matière de mauvaise gestion. Le retard accumulé sur ce chantier a engendré un manque à gagner estimé à 20 milliards de francs CFA. Alors que l'achèvement de l'ouvrage aurait pu générer des revenus mensuels de 500 millions de francs CFA pour la Caisse, la finalisation des travaux nécessite encore un investissement supplémentaire de 2 milliards de francs CFA, dont le financement effectif demeure incertain.
L'immobilisme persistant à la Cité de Bambilor
Le second dossier majeur légué par la direction sortante concerne la Cité de Bambilor, un projet immobilier à l'arrêt depuis 2011. Malgré l'engagement de 15 milliards de francs CFA sur plus d'une décennie, le site reste inachevé. Ce chantier symbolise, selon les analyses formulées par Fadilou Keïta durant son mandat, les années de gouvernance défaillante qui ont précédé son arrivée. En dépit de ses tentatives de relance, le projet reste aujourd'hui un actif immobilisé sans issue opérationnelle immédiate.
Un héritage de gestion sous haute surveillance
Au-delà de ces deux projets spécifiques, Fadilou Keïta avait publiquement dressé, en mars dernier, un bilan critique de l'état de la CDC à sa prise de fonction. Il avait notamment pointé du doigt une trésorerie exsangue et des audits internes accablants sur la gestion passée. Ces dossiers, qui n'ont pas trouvé de résolution complète durant son passage, constituent désormais un défi majeur pour la nouvelle gouvernance de l'institution, qui devra arbitrer entre la poursuite des investissements nécessaires et l'assainissement des comptes publics.