Le démantèlement de SFR cristallise la colère des salariés face à l'incertitude sociale

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 19 lectures
Le démantèlement de SFR cristallise la colère des salariés face à l'incertitude sociale

Le projet de cession de SFR à un consortium composé de Bouygues Telecom, Orange et Iliad Free déclenche une mobilisation sociale d'ampleur. Alors que l'opération, estimée à plus de 20 milliards d'euros, est soumise à l'approbation de l'Autorité de la concurrence, les syndicats dénoncent des garanties insuffisantes pour les 8 000 salariés de l'opérateur et les milliers d'emplois indirects menacés.

Une mobilisation massive contre le démantèlement

Le mouvement de grève a rassemblé entre 2 660 et 3 500 salariés, selon les sources syndicales, avec des manifestations notables à Paris, Lyon et Rennes. Ce rassemblement devant le siège d'Altice France marque, selon les représentants du personnel, un premier avertissement face à une opération qui prévoit le transfert des effectifs vers les trois repreneurs. Si le consortium assure qu'une grande partie des employés pourra être réintégrée, les syndicats jugent ces engagements flous et insuffisants pour garantir la pérennité des postes.

Des conditions de reclassement contestées

Au cœur des revendications figurent les modalités de reclassement. Les représentants du personnel exigent trois propositions par salarié, contre une seule actuellement avancée. Ils pointent également du doigt des indemnités jugées dérisoires, estimées à 70 % de celles prévues lors du plan de départ volontaire de 2021. La situation est d'autant plus tendue que la filiale Altice Technical Services, qui emploie 3 200 personnes dédiées à l'entretien du réseau, n'est pas incluse dans le périmètre de reprise, faisant craindre pour la survie de 10 000 emplois directs et indirects.

Le bras de fer judiciaire en cours

La contestation dépasse le cadre de l'entreprise pour s'inviter devant les tribunaux. Le comité social et économique (CSE) central de SFR a engagé un recours en référé contre Altice France et les acquéreurs, réclamant un accès complet aux documents relatifs au projet de cession. Le tribunal judiciaire de Paris, saisi sur ce dossier, doit rendre sa décision le 26 octobre prochain. Cette étape est cruciale, alors que la finalisation de la vente n'est pas attendue avant le second semestre 2027, sous réserve du feu vert des autorités de régulation.

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