À l'approche des échéances électorales de 2027 au Nigeria, la question environnementale s'impose comme un levier de mobilisation majeur dans le Delta du Niger. L'activiste Iniruo Wills, ancien commissaire à l'Environnement de l'État de Bayelsa, exhorte les candidats à la présidence et aux postes de gouverneurs à intégrer un programme explicite de dépollution de la région sous peine de sanction dans les urnes.
L'exigence d'une réponse à l'écocide
Iniruo Wills qualifie la dégradation environnementale persistante de la région, marquée par des décennies de marées noires et de torchage de gaz, d'« écocide ». S'appuyant sur les conclusions de la Commission sur le pétrole et l'environnement de l'État de Bayelsa, qui a qualifié la situation d'« environnementale génocidaire », l'activiste estime que les promesses électorales classiques ne suffisent plus. Il appelle les leaders communautaires et la société civile à faire de la restauration écologique le critère déterminant du vote dans les neuf États producteurs de pétrole.
Critique des programmes électoraux actuels
La sortie de M. Wills intervient après la présentation de l'agenda de campagne de Peter Obi, candidat du Nigeria Democratic Congress (NDC). Bien que le programme aborde la sécurité, l'économie et l'éducation, l'absence de mention spécifique sur le nettoyage du Delta du Niger a été vivement critiquée. Pour l'ancien commissaire, cette omission témoigne d'une méconnaissance des priorités locales et suggère une absence de représentants de la région au sein des équipes stratégiques des candidats. Il fustige ce qu'il nomme des « promesses superficielles » et demande une refonte des approches politiques.
Vers une stratégie de vote conditionnel
Sous le slogan « Pas de dépollution, pas de vote », cette initiative vise à transformer le poids électoral de la région en un outil de négociation politique. M. Wills enjoint les candidats, qu'ils soient issus de l'APC, du PDP ou de l'ADC, à abandonner les tournées de campagne traditionnelles au profit de consultations communautaires réelles. L'objectif est d'obtenir des engagements fermes et chiffrés avant la finalisation des manifestes électoraux. Cette stratégie de « vote marchandé » se veut une réponse directe à l'inaction des administrations successives face à la crise écologique qui frappe les populations locales.