Le déficit commercial du Maroc s'accentue sous la pression d'une hausse marquée des importations

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 44 lectures
Le déficit commercial du Maroc s'accentue sous la pression d'une hausse marquée des importations

Le déficit commercial du Maroc a connu une dégradation notable au premier semestre 2026, s'établissant à 198,4 milliards de dirhams, soit une progression de 23,5 % sur un an. Cette situation résulte d'un rythme d'importation nettement plus soutenu que celui des exportations, ramenant le taux de couverture à 56,8 % contre 59,6 % l'année précédente.

Une facture d'importation alourdie par l'équipement et l'énergie

La hausse globale des importations, qui atteignent 458,8 milliards de dirhams (+15,3 %), est largement tirée par les produits finis d'équipement. Ces derniers ont bondi de 21,2 %, portés par des acquisitions massives de matériel aéronautique et de véhicules utilitaires. Parallèlement, la facture énergétique a pesé lourdement sur la balance, enregistrant une augmentation de 28,9 % pour s'établir à 68,6 milliards de dirhams, tandis que les produits bruts, notamment les soufres, ont vu leurs achats progresser de 37,7 %.

La résilience des secteurs exportateurs

Malgré ce déséquilibre, certains piliers de l'économie marocaine maintiennent une dynamique positive. Le secteur automobile confirme son rôle de moteur principal avec une croissance des ventes de 17,4 %, totalisant 93,7 milliards de dirhams, soutenu par les segments de la construction et du câblage. L'aéronautique affiche également une progression solide de 19,3 %. En revanche, d'autres filières historiques comme les phosphates et dérivés, le textile et l'électronique ont enregistré des replis, illustrant une certaine vulnérabilité aux fluctuations des marchés mondiaux.

Des flux extérieurs protecteurs pour les réserves

La pression sur la balance commerciale est toutefois tempérée par la bonne tenue des recettes extérieures. Les revenus liés aux voyages (+15,9 %), les transferts des Marocains résidant à l'étranger (+9,9 %) et la hausse significative des investissements directs étrangers (+31,5 %) jouent un rôle d'amortisseur. Cette dynamique a permis aux avoirs officiels de réserve de progresser de 22,2 % sur un an, atteignant 497,3 milliards de dirhams à fin juin, garantissant ainsi une couverture confortable de près de six mois d'importations.

Crédit et budget : des indicateurs en mouvement

L'activité économique est par ailleurs marquée par une accélération du crédit bancaire, qui atteint 1 286,2 milliards de dirhams, avec une hausse notable de 30,8 % des crédits à l'équipement, signe d'un investissement soutenu des entreprises. Sur le plan budgétaire, le déficit public montre des signes d'amélioration, se réduisant à 50,5 milliards de dirhams à fin juillet, grâce à une progression des recettes ordinaires qui compense partiellement la hausse des dépenses totales.

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