Le déficit commercial des États-Unis a connu une dégradation marquée en juillet, atteignant 88,6 milliards de dollars, soit une progression de 24 % en un seul mois. Ce creusement, le plus important depuis mars 2025, illustre les tensions persistantes entre les ambitions protectionnistes de l'administration Trump et une dépendance accrue aux importations technologiques.
L'impact du boom de l'intelligence artificielle
La hausse du déficit est principalement alimentée par une demande intérieure insatiable pour les équipements informatiques et les semi-conducteurs. Les importations de biens d'équipement ont enregistré une progression historique de 11 % sur un mois, une dynamique inédite depuis 1993. Cette tendance est directement corrélée aux investissements massifs des entreprises américaines dans le secteur de l'intelligence artificielle, qui nécessite des infrastructures matérielles largement produites hors des frontières nationales.
Le recul des exportations de matières premières
Parallèlement à cette envolée des importations, la balance commerciale a souffert d'un repli de 2,1 % des exportations, qui s'établissent désormais à 310 milliards de dollars. Ce recul s'explique en partie par la baisse de la demande internationale pour l'or non monétaire et, surtout, par la chute des revenus pétroliers. La diminution des prix du brut sur les marchés mondiaux en juillet, favorisée par une accalmie relative dans les tensions au Moyen-Orient, a pesé sur la valeur totale des ventes américaines à l'étranger.
Déséquilibres géographiques et offensive douanière
L'analyse des échanges par partenaire révèle une dégradation notable du déficit vis-à-vis du Mexique, qui culmine à 27,5 milliards de dollars en un mois, tandis que les soldes avec la Chine et l'Union européenne demeurent stables. Ce contexte intervient alors que Donald Trump a relancé son offensive commerciale, notamment par l'imposition de nouvelles taxes sur le Canada, après que la Cour suprême a invalidé une partie des mesures protectionnistes instaurées l'année précédente. Le déficit des seuls biens, indicateur scruté de près par la Maison-Blanche, a bondi de 12,7 % pour atteindre 106,4 milliards de dollars, soulignant l'inefficacité relative des barrières tarifaires face à la structure actuelle de la demande industrielle américaine.