Le Qatar fait face à une dégradation marquée de ses finances publiques au deuxième trimestre 2026, avec un déficit budgétaire ayant plus que doublé pour atteindre 5 milliards d'euros. Cette situation, exacerbée par des perturbations majeures dans les exportations de gaz naturel liquéfié (GNL), place l'émirat dans une position délicate alors que le déficit cumulé du premier semestre dépasse déjà les projections initiales pour l'ensemble de l'année.
Une trajectoire budgétaire sous tension
Les chiffres officiels du ministère des Finances révèlent un déséquilibre croissant : les recettes se sont établies à 6,06 milliards d'euros face à des dépenses atteignant 11,1 milliards d'euros. Ce creusement du déficit, passé de 2,44 milliards d'euros au premier trimestre à 5 milliards au second, porte le total semestriel à 7,45 milliards d'euros. Ce montant excède d'ores et déjà les 5,16 milliards d'euros prévus pour la totalité de l'exercice 2026. Face aux interrogations sur la gestion des dépenses publiques, le ministère des Affaires étrangères a précisé que les mesures de réduction budgétaire, atteignant jusqu'à 30 % sur les coûts de fonctionnement, sont temporaires et ne touchent ni les salaires ni les investissements stratégiques.
La crise logistique du GNL et ses répercussions
Le secteur énergétique, pilier de l'économie qatarie, subit les contrecoups d'une crise régionale affectant le passage par le détroit d'Ormuz. La compagnie nationale QatarEnergy a dû prolonger une clause de force majeure sur ses contrats de livraison jusqu'en novembre. Cette décision impacte directement les partenaires internationaux, à l'instar de l'énergéticien italien Edison, qui a vu 29 de ses cargaisons annulées. Si Edison a affirmé pouvoir sécuriser des sources d'approvisionnement alternatives pour maintenir ses engagements, la situation souligne la vulnérabilité des chaînes d'approvisionnement gazières mondiales face aux tensions géopolitiques.
Incertitudes sur la reprise des flux maritimes
Le suivi du trafic maritime dans le golfe d'Oman et le détroit d'Ormuz ne permet pas encore d'anticiper une normalisation rapide des exportations. Si certains méthaniers continuent de naviguer vers le Qatar, d'autres navires chargés restent stationnés à l'intérieur du Golfe, tandis que certains navires vides ont fait demi-tour à l'approche du détroit. Ces mouvements erratiques illustrent la complexité de la situation logistique actuelle. La capacité du Qatar à rétablir ses flux d'exportation réguliers demeure un point de vigilance majeur pour les marchés énergétiques européens et pour l'équilibre des comptes publics de l'État qatari dans les prochains mois.