Le défi de la souveraineté énergétique sénégalaise face aux contraintes du projet gazier Grand Tortue Ahmeyim

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 42 lectures
Le défi de la souveraineté énergétique sénégalaise face aux contraintes du projet gazier Grand Tortue Ahmeyim

Le démarrage de la production gazière sur le champ Grand Tortue Ahmeyim (GTA) en janvier 2025 marque une étape historique pour le Sénégal, sans toutefois se traduire immédiatement par une baisse des tarifs de l'électricité. Si la ressource est désormais extraite, son intégration dans le mix énergétique national se heurte à une architecture contractuelle et logistique initialement pensée pour l'exportation internationale.

Une priorité à l'exportation qui limite l'offre locale

La conception initiale du projet GTA repose sur un contrat de vente à long terme avec BP Gas Marketing, qui absorbe la quasi-totalité de la production de la phase 1. Actuellement, la part réservée au marché domestique sénégalais est limitée à 35 millions de pieds cubes par jour. Ce volume, bien que significatif, ne permet d'alimenter qu'une centrale d'environ 250 MW, une capacité jugée insuffisante pour répondre aux besoins croissants du pays. L'enjeu pour les autorités est désormais de renégocier ces flux pour accroître la part nationale, avec un objectif fixé par le président Bassirou Diomaye Faye d'atteindre 20 à 25 % du GNL produit d'ici 2027.

L'absence de cadre contractuel et tarifaire

Au-delà des volumes, la question du prix reste le principal point de blocage. Bien que des discussions soient en cours avec le consortium, notamment Kosmos Energy, aucun accord formel n'a encore été finalisé concernant le tarif auquel la Senelec achètera ce gaz. Cette incertitude empêche toute projection concrète sur une réduction des coûts de production d'électricité. La signature d'un accord de principe, espérée pour 2026, constitue une étape déterminante pour transformer cette ressource naturelle en un levier de compétitivité économique pour le pays.

Le déploiement nécessaire des infrastructures de transport

La transformation du gaz en électricité nécessite une chaîne logistique complexe, actuellement en cours de déploiement. Le gaz extrait en mer doit être acheminé vers les centrales thermiques via un réseau de gazoducs dont la construction ne fait que débuter. Le segment nord, dont la pose a commencé en septembre 2025 à Gandon, représente un maillon critique. Avec une capacité de transport prévue de 300 millions de pieds cubes par jour, cette infrastructure est indispensable pour relier le champ offshore aux sites de production électrique. La finalisation de ces travaux, couplée à la mise en service de centrales adaptées, conditionne la capacité du Sénégal à exploiter pleinement son gaz pour stabiliser son système énergétique.

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