Le réseau ferroviaire ghanéen traverse une crise structurelle profonde, marquée par une réduction drastique de ses capacités opérationnelles au cours des soixante dernières années. Ce recul, documenté par la Banque mondiale, limite aujourd'hui la mobilité des personnes et la circulation des marchandises, freinant ainsi le potentiel de croissance et la compétitivité du pays.
Une érosion spectaculaire des infrastructures
Les données publiées par la Banque mondiale révèlent une dégradation sans précédent du maillage ferré national. En 1960, le Ghana disposait de 947 kilomètres de voies opérationnelles ; en 2020, ce chiffre est tombé à seulement 160 kilomètres. Cette contraction a eu un impact direct sur la population : l'accès au rail, qui concernait près de 30 % des Ghanéens il y a six décennies, touche désormais moins de 1 % des citoyens. Pour Robert R. Taliercio, directeur de la Banque mondiale pour le Ghana, le Liberia et la Sierra Leone, cet effondrement constitue un frein majeur à l'intégration économique.
Priorité au fret et à la connectivité
Face à ce constat, l'institution financière préconise une revitalisation axée sur le transport de marchandises, notamment le long des corridors est et ouest. Cette stratégie ne se limite pas à la simple réhabilitation des voies : elle est présentée comme un levier essentiel pour la création d'emplois et le désenclavement des entreprises. Le développement du rail est intégré à un plan plus vaste incluant la modernisation des terminaux intérieurs et l'extension du système de guichet unique numérique vers le port de Takoradi.
Gouvernance et durabilité des investissements
Au-delà de la construction, la Banque mondiale insiste sur la nécessité d'une coordination institutionnelle renforcée et d'un financement pérenne de la maintenance. L'absence d'entretien régulier est identifiée comme un facteur aggravant qui accélère la dégradation des actifs publics. Dans cette optique, le projet « Ghana Market Access and Connectivity », doté de 500 millions de dollars, vise à soutenir cette transformation, notamment par la réhabilitation de 1 050 kilomètres de routes secondaires sous contrat de performance. L'enjeu pour Accra est désormais de transformer ces investissements en un moteur de croissance durable, en traitant notamment la sécurité routière comme une urgence de santé publique et en adoptant des normes d'infrastructure résilientes face aux défis climatiques.