Le déclin des populations de serpents au Nigeria : un signal d'alerte pour la biodiversité et la santé publique

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 13 lectures
Le déclin des populations de serpents au Nigeria : un signal d'alerte pour la biodiversité et la santé publique

Le constat est alarmant : après plus de deux décennies de recherches sur le terrain, le professeur Edem Eniang, directeur du Biodiversity Preservation Center, observe la disparition de plusieurs espèces de serpents autrefois communes au Nigeria. Cette érosion de la biodiversité, exacerbée par l'absence de données nationales systématiques, met en péril l'équilibre des écosystèmes et souligne une lacune majeure dans les politiques de protection environnementale du pays.

Des pressions anthropiques croissantes

La dégradation des habitats naturels constitue la menace principale pour ces reptiles. L'expansion des terres agricoles, une urbanisation mal planifiée et la déforestation persistante fragmentent les écosystèmes, notamment dans le delta du Niger, où la pollution pétrolière et la destruction des mangroves aggravent la situation. À ces facteurs s'ajoutent le commerce illégal d'espèces sauvages et la chasse pour la viande de brousse. Le professeur Eniang insiste sur le fait que, sans un système de surveillance à long terme, il est difficile de quantifier précisément l'ampleur du déclin, bien que les changements observés sur le terrain soient indéniables.

Réconcilier conservation et sécurité sanitaire

L'approche actuelle du Nigeria, qui dissocie la conservation des serpents de la gestion des morsures, est jugée contre-productive. Le professeur souligne que l'élimination systématique des serpents, souvent perçus uniquement comme une menace, prive l'écosystème de prédateurs naturels essentiels au contrôle des populations de rongeurs. Une stratégie nationale intégrée est préconisée : elle combinerait la protection des espèces, une meilleure disponibilité des antivenins, l'amélioration des protocoles de soins hospitaliers et une éducation accrue des communautés pour distinguer les espèces venimeuses des autres.

Vers une surveillance scientifique coordonnée

Pour répondre aux objectifs de l'Organisation mondiale de la santé, qui vise une réduction de 50 % des décès et invalidités liés aux morsures d'ici 2030, le Nigeria doit impérativement structurer sa recherche. Le professeur Eniang appelle les autorités fédérales et les institutions de recherche à investir dans des outils modernes, tels que les systèmes d'information géographique et la télédétection, pour cartographier les zones critiques. Cette démarche nécessite également une collaboration étroite avec les acteurs privés et les agences de financement, afin de briser le désintérêt persistant pour l'étude des reptiles, pourtant cruciale pour la santé publique et la préservation de la biodiversité mondiale.

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