Le décès de trois enfants à Sarh souligne les dangers persistants des pratiques médicales clandestines au Tchad

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 18 lectures
Le décès de trois enfants à Sarh souligne les dangers persistants des pratiques médicales clandestines au Tchad

Le décès tragique de trois enfants dans le quartier Kissimi à Sarh, suite à une circoncision pratiquée dans un cadre non médical, met en lumière les risques critiques liés aux interventions chirurgicales informelles. Ce drame, survenu fin août 2026, souligne la vulnérabilité des familles face aux contraintes financières et le besoin urgent de sécuriser l'accès aux soins de santé de base.

Une intervention aux conséquences fatales

Le 22 août 2026, cinq enfants ont été soumis à une circoncision réalisée par un ancien agent de l'Hôpital provincial Outel Bono de Sarh. L'opération, effectuée en dehors de toute structure hospitalière, a été motivée par des difficultés financières rencontrées par le père de famille, qui a opté pour cette solution de proximité après avoir déboursé 25 000 francs CFA pour l'achat de médicaments et 2 000 francs CFA pour l'acte lui-même. Rapidement, l'état de santé de deux des enfants s'est dégradé, marqués par des saignements et des douleurs intenses, poussant l'opérateur à tenter des soins improvisés, sans succès.

L'échec des soins improvisés

Malgré les tentatives de traitement complémentaires prodiguées par l'ancien gardien d'hôpital, le pronostic vital des enfants s'est effondré. Deux d'entre eux sont décédés le 25 août, tandis qu'un troisième, évacué en urgence vers l'Hôpital provincial Outel Bono, a succombé le lendemain. Le Dr André Doubre Modeste, responsable de l'unité de néonatologie, a confirmé que les victimes présentaient des signes cliniques alarmants directement liés à cette intervention pratiquée par une personne non habilitée.

Responsabilités et enjeux de santé publique

Face à la gravité des faits, les autorités locales ont réagi : l'auteur de l'intervention a été interpellé et placé à la Brigade de recherches de Sarh pour être auditionné. Cet événement tragique soulève un enjeu majeur de santé publique au Tchad : la persistance de pratiques médicales clandestines, souvent choisies par défaut par des populations démunies. Les autorités sanitaires rappellent désormais avec fermeté la nécessité de proscrire le recours à des intervenants non qualifiés, insistant sur le fait que tout acte chirurgical, aussi courant soit-il, doit impérativement se dérouler dans un environnement médicalisé et sous la supervision de professionnels de santé agréés.

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