Le paysage cinématographique nigérian est en deuil suite à la disparition de l'actrice Atinuke Remilekun Kareem, emportée par un cancer du sein. Ce décès, survenu peu après celui d'une autre figure emblématique du secteur, met en lumière la vulnérabilité financière des professionnels du cinéma face aux pathologies lourdes.
Un appel à l'aide resté sans issue suffisante
Avant son décès, Atinuke Kareem avait publiquement sollicité le soutien financier du public pour poursuivre ses soins. Dans un témoignage poignant, elle expliquait que les ressources de sa famille, ainsi que l'aide apportée par la Theatre Arts and Motion Pictures Practitioners Association of Nigeria (TAMPAN), ne suffisaient plus à couvrir les frais médicaux croissants. Mère de deux jeunes enfants, elle avait insisté sur l'urgence de sa situation, soulignant le poids économique insoutenable que la maladie faisait peser sur ses proches.
La mobilisation de la communauté artistique
L'annonce officielle de sa disparition a été faite par la branche de l'État d'Ogun de la TAMPAN, par l'intermédiaire de son gouverneur exécutif, Owolabi Ajasa. L'association a tenu à exprimer sa reconnaissance envers les citoyens et les collègues qui ont contribué financièrement ou apporté leur soutien moral durant la période de traitement. Malgré cette solidarité collective, les efforts déployés n'ont pas permis d'endiguer l'évolution de la maladie.
Un secteur sous tension face à la précarité
La perte d'Atinuke Kareem survient dans un contexte particulièrement difficile pour l'industrie cinématographique yoruba, déjà éprouvée par le décès récent de l'acteur Taiwo Hassan, dit Ogogo, lui aussi emporté par un cancer. Ces disparitions successives posent, en filigrane, la question de la structuration de la protection sociale au sein de l'industrie du divertissement au Nigeria. Si la solidarité entre pairs et l'appel à la générosité publique constituent des mécanismes de secours immédiats, la récurrence de ces drames souligne l'enjeu collectif d'une meilleure couverture santé pour les artistes, souvent dépourvus de filets de sécurité institutionnels face aux aléas de la vie.