Le décalage horaire social aggrave l'anxiété des adolescents : et si l'école commençait plus tard ?

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 31 lectures
Le décalage horaire social aggrave l'anxiété des adolescents : et si l'école commençait plus tard ?

Une étude britannique met en lumière un phénomène méconnu : le 'jet lag social', qui perturbe le sommeil des adolescents et aggrave leur anxiété. Face à ce cercle vicieux, les chercheurs appellent à repenser les horaires scolaires et les habitudes familiales pour préserver leur santé mentale.

Un décalage horaire aux conséquences psychologiques

Le 'jet lag social' désigne le décalage entre les horaires de sommeil imposés par la société et ceux, naturels, des adolescents. Après des vacances où ils se couchent et se lèvent tard, beaucoup peinent à s’adapter au rythme scolaire, accumulant un retard de sommeil qu’ils tentent de rattraper le week-end. Selon une revue scientifique de l’université de Southampton, ce phénomène est associé à une hausse des niveaux d’anxiété chez les jeunes. Les chercheurs soulignent cependant qu’il s’agit d’une corrélation, et non d’une relation de cause à effet établie.

La puberté, un tournant biologique sous-estimé

À l’adolescence, l’horloge biologique se décale naturellement de quelques heures, retardant l’endormissement et le réveil. Pourtant, les horaires scolaires restent souvent calés sur ceux des adultes, créant une « tempête parfaite » de désynchronisation circadienne. Sarah Chellappa, coautrice de l’étude, explique que cette inadéquation entre besoins physiologiques et contraintes sociales expose les jeunes à un stress chronique. Les sollicitations numériques, comme les réseaux sociaux, aggravent encore ce déséquilibre en empiétant sur leur temps de repos.

Santé mentale : un enjeu mondial pour les 10-19 ans

L’Organisation mondiale de la santé estime que 4,4 % des 10-14 ans et 5,5 % des 15-19 ans souffrent d’un trouble anxieux, caractérisé par une peur ou une nervosité persistante. Les difficultés rencontrées à cet âge peuvent avoir des répercussions durables sur la vie adulte, d’où l’urgence d’intervenir précocement. Les auteurs de l’étude insistent sur le rôle des politiques publiques : promouvoir un sommeil régulier et repenser l’heure de début des cours pourraient être des leviers plus efficaces que les simples conseils parentaux comme « couche-toi plus tôt ».

Repenser les structures pour protéger les jeunes

Hannah Ravenhall, autrice principale, plaide pour une approche systémique : « Il faut dépasser les responsabilités individuelles et interroger les systèmes qui influencent le sommeil des adolescents. » Concrètement, cela implique d’envisager des horaires scolaires adaptés aux chronotypes des jeunes, ainsi que des règles familiales limitant l’usage des écrans le soir. Ces ajustements, bien que modestes, pourraient avoir un impact significatif sur leur bien-être mental, bien plus que les injonctions classiques à mieux dormir.

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