La controverse enfle au Ghana concernant l'introduction du chinois et de l'arabe dans le cursus scolaire. Alors que le président John Mahama affirme qu'aucune politique officielle n'a été validée par le Conseil des ministres, l'ancien directeur du Conseil national pour les programmes et l'évaluation (NaCCA), le Dr Prince Hamid Armah, dénonce une tentative de réécriture des faits par l'exécutif.
Un processus administratif engagé
Selon le Dr Armah, les preuves de l'existence de ce projet dépassent le stade de la simple intention. Il rappelle que l'ancien ministre de l'Éducation, Haruna Iddrisu, avait publiquement annoncé l'intégration de ces deux langues étrangères comme matières obligatoires dans le secondaire, en s'appuyant sur la vision présidentielle. Cette déclaration a été suivie d'effets concrets : le NaCCA a mobilisé 160 experts pour concevoir un programme pédagogique, finalisé et formellement transmis au ministère en juillet 2026.
La mobilisation des ressources publiques
Le Dr Armah pointe du doigt l'utilisation effective de fonds et de moyens étatiques pour soutenir cette initiative. Au-delà de la rédaction des manuels, le processus a inclus la transmission du projet au Service de l'éducation du Ghana (GES) pour examen, ainsi que la formation de nombreux enseignants à travers le pays. Pour l'ancien responsable du NaCCA, ces étapes démontrent que la machine administrative était pleinement opérationnelle, contredisant l'idée d'une absence totale de politique publique.
L'incohérence face aux critiques
Le débat se cristallise désormais sur la gestion des questions logistiques, notamment le manque de professeurs qualifiés pour enseigner le chinois. Le Dr Armah souligne une contradiction majeure : le gouvernement a avancé dans la formation des enseignants avant même de résoudre les problèmes fondamentaux de mise en œuvre. Il soutient que si l'absence d'approbation finale par le Cabinet est un fait juridique, elle ne saurait effacer les mois de travail institutionnel et les ressources engagées. Pour lui, le gouvernement tente aujourd'hui de se désolidariser d'un projet qu'il a lui-même initié et piloté, faute d'avoir anticipé les résistances de l'opinion publique.