Le débat sur le retour des subventions au carburant ravive les tensions économiques au Nigeria

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 37 lectures
Le débat sur le retour des subventions au carburant ravive les tensions économiques au Nigeria

Le président national du Congrès des progressistes (APC), Nentawe Yilwatda, a vivement critiqué la proposition de l'ancien vice-président Atiku Abubakar visant à rétablir les subventions sur le carburant. Selon le responsable politique, cette mesure menacerait la stabilité budgétaire du pays et compromettrait les réformes économiques en cours.

Les risques pour les finances publiques et les services sociaux

Pour Nentawe Yilwatda, le retour à un régime de subventions ne doit pas être perçu comme une solution miracle à la baisse des prix à la pompe. Il souligne que le financement de ces aides pèserait lourdement sur les revenus de l'État, réduisant mécaniquement les capacités de financement des secteurs essentiels tels que l'éducation, la santé et les infrastructures. Le président de l'APC rappelle qu'avant la suppression des subventions, de nombreux États nigérians peinaient à honorer le paiement des salaires et des pensions, une situation qui s'est améliorée grâce à l'augmentation des allocations fédérales.

La question de la viabilité du salaire minimum

Au cœur de l'argumentaire de l'APC figure la pérennité du nouveau salaire minimum. Selon Yilwatda, toute augmentation des revenus des travailleurs doit être adossée à des recettes publiques solides. Il soutient que le rétablissement des subventions pourrait entraîner un retour des pénuries de carburant et fragiliser la capacité des gouvernements locaux à maintenir les niveaux de rémunération actuels. Il exhorte donc les partisans de cette mesure à clarifier le mécanisme de financement et la durée d'une telle politique, afin d'éviter de sacrifier les investissements publics à long terme.

Digitalisation et opportunités économiques

Au-delà du débat sur les hydrocarbures, le président de l'APC a mis en avant les avancées permises par les réformes actuelles, notamment dans le secteur financier. Il a souligné l'amélioration des systèmes de paiement numérique, qui permet désormais aux jeunes professionnels nigérians, tels que les développeurs et créateurs de contenu, d'accéder au marché mondial. Cette dynamique, couplée à des dispositifs comme le Fonds de prêt pour l'éducation (NELFUND), est présentée par le parti au pouvoir comme une alternative plus durable au modèle économique précédent, jugé trop dépendant de distorsions budgétaires.

Un appel à la responsabilité politique

Nentawe Yilwatda a conclu en invitant les acteurs économiques et les citoyens à exiger une évaluation rigoureuse de toute proposition politique. Il insiste sur le fait que l'avenir économique du Nigeria doit reposer sur des politiques favorisant la productivité et la compétitivité plutôt que sur des mesures de court terme. Tout en reconnaissant les difficultés réelles rencontrées par les populations face au coût de la vie, il appelle à poursuivre les réformes tout en renforçant les mécanismes de soutien aux citoyens les plus vulnérables.

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