Le débat sur le passage au quinquennat présidentiel et parlementaire divise la classe politique ghanéenne

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 27 lectures
Le débat sur le passage au quinquennat présidentiel et parlementaire divise la classe politique ghanéenne

La proposition d'allonger la durée des mandats présidentiels et parlementaires au Ghana, passant de quatre à cinq ans, suscite une vive opposition au sein de la classe politique. Alors que le gouvernement soutient cette réforme pour offrir davantage de temps à l'exécution des politiques publiques, des voix critiques, dont celle de l'ancien député Inusah Fuseini, remettent en cause la pertinence d'une telle mesure pour l'efficacité de l'action étatique.

Une remise en question de la logique temporelle

Inusah Fuseini conteste fermement l'argument selon lequel une année supplémentaire permettrait une meilleure mise en œuvre des programmes gouvernementaux. Selon lui, le problème ne réside pas dans la durée du mandat, mais dans la gestion du calendrier électoral. Il souligne que si une administration consacre sa première année à son installation et sa dernière à la campagne de réélection, l'ajout d'une cinquième année ne résout pas structurellement les périodes d'inactivité politique. Pour l'ancien parlementaire, le cadre actuel de quatre ans est largement suffisant pour qu'un gouvernement puisse démontrer sa vision et ses capacités de gestion.

La continuité des projets d'État

Au-delà de la durée des mandats, le débat porte sur la pérennité des politiques publiques. Le gouvernement avance que le passage à cinq ans favoriserait la continuité. Une analyse que rejette M. Fuseini, rappelant que la Constitution de 1992 contient déjà des dispositions explicites à travers les « Principes directeurs de la politique d'État ». Ces derniers imposent, dans la mesure du possible, à chaque président successeur de poursuivre les projets entamés par son prédécesseur. Pour l'ancien député, le cadre constitutionnel actuel a déjà anticipé l'impossibilité pour un seul mandat d'épuiser toutes les options politiques, faisant de la continuité une obligation légale plutôt qu'une question de durée de mandat.

Une opposition institutionnelle croissante

Cette prise de position intervient dans un contexte de réflexion plus large sur les réformes constitutionnelles, portées par le rapport du Comité de révision présidé par le professeur H. Kwasi Prempeh. L'Institute of Economic Affairs (IEA) a également exprimé son désaccord avec l'extension des mandats. En s'alignant sur la position de M. Fuseini, l'IEA renforce l'idée que le système actuel, s'il est correctement appliqué, garantit déjà l'équilibre nécessaire entre la reddition de comptes électorale et la stabilité de l'action publique. Le débat reste ouvert alors que les réflexions sur les amendements constitutionnels se poursuivent au sein des cercles décisionnels du pays.

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