La 66e conférence annuelle de l'Association du Barreau nigérian (NBA), tenue à Port Harcourt, a été le théâtre d'échanges vifs entre plusieurs figures politiques de premier plan. Ce forum, axé sur les perspectives du pays à l'approche des élections générales de 2027, a mis en lumière les profondes divergences sur le bilan des anciens dirigeants et la gestion des politiques publiques.
Un bilan des gouvernants au cœur des tensions
Le débat a rapidement pris une tournure conflictuelle lorsque les participants ont abordé la responsabilité des anciens titulaires de charges publiques. Rotimi Amaechi, ancien gouverneur de l'État de Rivers, a exhorté les citoyens à la vigilance face aux candidats ayant déjà exercé des fonctions exécutives, les accusant d'avoir échoué à répondre aux attentes des populations. En réponse, Omoyele Sowore, candidat à la présidence, a retourné l'argument contre ses interlocuteurs, estimant que les anciens gouvernants devraient présenter des excuses publiques aux Nigérians pour leur gestion passée.
Transports et éducation : des points de friction majeurs
Les échanges ont également porté sur des enjeux sectoriels cruciaux. Rotimi Amaechi a lié la question des subventions aux carburants à l'efficacité des infrastructures de transport, critiquant au passage des projets ferroviaires locaux jugés inopérants. Il a également interpellé le bilan de Peter Obi, ancien gouverneur de l'État d'Anambra, lui reprochant une gestion défaillante du secteur éducatif, marquée par des grèves prolongées du corps enseignant et des médecins durant son mandat.
Défense des acquis et joutes verbales
Sur la défensive concernant son propre parcours, l'ancien ministre des Transports a soutenu que les lignes ferroviaires Lagos-Ajaokuta et Abuja-Kaduna étaient pleinement opérationnelles sous sa tutelle, s'interrogeant sur les raisons de leur arrêt actuel. La confrontation a atteint son paroxysme lorsque Rotimi Amaechi a invité les avocats de l'État de Rivers à confronter Omoyele Sowore à la réalité du terrain, tout en lui intimant de garder le silence face à des acteurs disposant d'une expérience directe de la gouvernance.
Cette séquence illustre la polarisation croissante de la scène politique nigériane, où le bilan des politiques passées devient l'argument central de la bataille électorale à venir.