Le débat sur la révision de l'âge minimal pour accéder à la présidence au Ghana s'intensifie, opposant les partisans d'une ouverture aux jeunes générations à ceux qui prônent la stabilité des institutions. Kwaku Ansa-Asare, ancien directeur de l'École de droit du Ghana, conteste vivement la proposition d'abaisser ce seuil de 40 à 30 ans, jugeant cette modification constitutionnelle prématurée et non essentielle.
La remise en cause d'une réforme constitutionnelle
Pour Kwaku Ansa-Asare, la Constitution actuelle, qui fixe l'âge d'éligibilité à 40 ans, a fait ses preuves et ne nécessite pas de retouches précipitées. L'expert juridique met en garde contre une tendance récurrente des acteurs politiques à vouloir modifier le texte fondamental sans justification impérieuse. Selon lui, l'urgence nationale ne réside pas dans l'abaissement de l'âge des candidats, mais dans le respect et l'application du cadre législatif existant.
Divergences sur le seuil d'éligibilité
La question fait suite aux recommandations du Comité de révision constitutionnelle, qui préconise un abaissement du seuil à 30 ans. Si le gouvernement ghanéen a accepté le principe d'une réduction, il propose toutefois un compromis intermédiaire fixé à 35 ans. Ce désaccord illustre la complexité des négociations en cours sur la refonte des institutions, qui inclut également une proposition controversée visant à faire passer les mandats présidentiels et parlementaires de quatre à cinq ans, une mesure déjà validée par l'exécutif.
Participation politique et priorités nationales
L'ancien directeur de l'École de droit insiste sur le fait que son opposition à cette réforme ne doit pas être interprétée comme un refus de l'implication des jeunes dans la vie publique. Il souligne que l'engagement de la jeunesse peut et doit se manifester par d'autres leviers que l'accès immédiat à la magistrature suprême. Il appelle les décideurs à faire preuve de retenue et à concentrer leurs efforts sur des enjeux nationaux plus fondamentaux, plutôt que de s'engager dans des réformes constitutionnelles dont la pertinence reste, à ses yeux, à démontrer.