Le débat sur la gestion des prix des carburants s'intensifie au Ghana, où l'ancien ministre des Finances, Dr Mohammed Amin Adam, conteste l'efficacité de la récente réduction de 2 GH¢ sur le diesel. Selon lui, cette mesure ponctuelle fragilise le secteur pétrolier national au détriment de solutions structurelles plus durables mises en œuvre par le passé.
La portée limitée des interventions actuelles
La réduction actuelle de 2 GH¢ sur le prix du diesel repose sur une compression des marges de la Bulk Oil Storage and Transportation Company (BOST) et du Unified Petroleum Pricing Fund (UPPF). Pour Dr Amin Adam, cette approche est qualifiée de « quasi-fiscale » et temporaire. Il souligne qu'en affaiblissant les marges de ces entités stratégiques, le gouvernement risque de compromettre la résilience globale du secteur pétrolier ghanéen à moyen terme.
L'héritage des réformes fiscales du NPP
En opposition à cette stratégie, l'ancien ministre met en avant les mesures adoptées sous l'administration du NPP, qu'il juge plus robustes. Celles-ci incluaient l'abolition de la taxe d'accise sur les carburants et une réduction progressive de la taxe spéciale sur les produits pétroliers, passée de 17,5 % à 13 %. Ces décisions, appuyées par un cadre législatif et une absorption budgétaire directe, visaient à offrir un soulagement plus constant aux consommateurs face à la volatilité des marchés internationaux.
Le programme Gold for Oil comme levier stratégique
Dr Amin Adam a également réaffirmé l'importance du programme « Gold for Oil », dont il a dirigé la mise en œuvre. Ce mécanisme visait à sécuriser l'approvisionnement en produits pétroliers tout en atténuant les pressions sur les réserves de devises étrangères. Selon lui, cette initiative a permis de stabiliser les prix à la pompe après une période critique où le coût du litre avait franchi la barre des 20 GH¢, illustrant une volonté de transformer le modèle d'importation plutôt que de simplement ajuster les marges opérationnelles.