La faillite historique de la compagnie nationale Nigeria Airways, survenue en 2003, demeure un sujet de confrontation politique intense au Nigeria. Le ministre de l'Aviation, Festus Keyamo, et l'ancien vice-président Atiku Abubakar s'opposent désormais sur la responsabilité de cet effondrement et sur le traitement des indemnités dues aux anciens salariés, illustrant les fractures persistantes autour de la gestion des entreprises d'État.
Une polémique sur la responsabilité historique
Le différend a éclaté après que M. Abubakar a critiqué la politique économique actuelle du gouvernement. En réponse, M. Keyamo a accusé l'ancien vice-président d'hypocrisie, pointant du doigt la liquidation de la compagnie sous l'administration Obasanjo, dont M. Abubakar était le numéro deux. Selon le ministre, cette décision a laissé des milliers d'employés sans pension pendant plus de deux décennies, une situation que l'administration actuelle tente désormais de corriger par le versement de 36 milliards de nairas.
Le déclin structurel de la compagnie
Femi Fani-Kayode, ancien ministre de l'Aviation, a nuancé ces accusations en rappelant que la compagnie était déjà en état de déliquescence avancée bien avant 1999. Il souligne qu'entre 1979 et 1999, la flotte est passée de 32 appareils à un seul, victime d'une gestion chronique et de détournements massifs. Une commission judiciaire avait d'ailleurs mis en lumière, en 2003, des irrégularités financières estimées à 400 millions de dollars, impliquant divers responsables de l'époque.
L'enjeu social des indemnités
Au-delà des joutes verbales, le dossier des anciens travailleurs de Nigeria Airways constitue un enjeu de justice sociale majeur. Après des années de blocage, le gouvernement a récemment entamé le paiement des indemnités de fin de service. En septembre 2026, le ministère des Finances a confirmé le versement de 18 milliards de nairas à 2 100 anciens employés, une étape cruciale pour clore un chapitre douloureux marqué par la précarité des retraités et des menaces parlementaires sur le budget du secteur aérien.