La nomination de trois nouveaux juges à la Cour suprême du Ghana par l'administration du président John Mahama suscite une vive controverse politique. Alors que l'opposition dénonce une manœuvre de « bourrage » des institutions judiciaires, la majorité parlementaire rejette ces critiques en soulignant une différence fondamentale de contexte et de profil des candidats par rapport aux mandats précédents.
La distinction entre profil politique et nécessité institutionnelle
Le député d'Akwatia, Bernard Bediako Baidoo, a fermement réfuté les accusations portées par le leader de la minorité, Alexander Afenyo-Markin. Selon M. Baidoo, l'opposition au sein du National Democratic Congress (NDC) ne s'opposait pas, en 2024, à l'augmentation du nombre de juges en soi, mais à la nomination de personnalités perçues comme des alliés politiques proches de l'ancien président Nana Addo Dankwa Akufo-Addo. Il soutient que les nominations actuelles répondent à une demande spécifique de l'exécutif pour assurer le bon fonctionnement de la justice, sans les connotations partisanes attribuées aux choix de l'administration précédente.
Le boycott de la procédure de vetting
La tension a atteint un point critique le 27 août dernier, lorsque les membres de la minorité ont quitté les travaux de la commission des nominations. Ce boycott visait à protester contre ce qu'ils qualifient de calendrier de sélection « inutilement compressé ». L'opposition a fait valoir que l'absence d'urgence réelle pour pourvoir ces postes exigeait une consultation publique plus approfondie, garantissant ainsi une plus grande transparence dans le processus de sélection des magistrats de la plus haute juridiction du pays.
La validation des nouveaux magistrats
Malgré l'opposition frontale du groupe minoritaire, le Parlement ghanéen a entériné la nomination de trois nouveaux membres à la Cour suprême : la juge Sophia Rosetta Bernasko Essah, le juge Edward Amoako Asante et l'avocat Anthony Forson Jnr. Cette décision fait suite à l'adoption du rapport de la commission des nominations, qui recommandait la confirmation des trois profils. Cet épisode illustre les fractures persistantes au sein de la classe politique ghanéenne concernant l'indépendance de la justice et les prérogatives de l'exécutif dans la nomination des hauts magistrats.