Le débat constitutionnel s'intensifie autour du séjour prolongé du président Tinubu à l'étranger

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 12 lectures
Le débat constitutionnel s'intensifie autour du séjour prolongé du président Tinubu à l'étranger

L'absence prolongée du président nigérian Bola Ahmed Tinubu, parti en Europe pour ce que la présidence qualifie de « vacances de travail », suscite une vive controverse juridique. L'ancien ministre de la Jeunesse et des Sports, Solomon Dalung, dénonce une violation manifeste de la Constitution, pointant l'absence de transfert officiel des pouvoirs au vice-président Kashim Shettima.

L'incompatibilité du concept de « vacances de travail »

Au cœur de la critique de Solomon Dalung réside l'argument selon lequel la Constitution nigériane ne reconnaît aucune notion de « vacances de travail ». Selon l'ancien ministre, le texte fondamental est sans équivoque : dès lors qu'un président annonce son départ en congé, il est tenu de transmettre formellement ses pouvoirs à son vice-président, conformément à la section 145, sous-section 1. Pour Dalung, le fait que le chef de l'État continue d'exercer ses fonctions à distance ne dispense pas l'exécutif de respecter cette procédure obligatoire, qui vise à éviter tout vide institutionnel.

Le rôle contesté de l'Assemblée nationale

Solomon Dalung a également interpellé le pouvoir législatif sur son inaction. Il souligne que la section 145(2) de la Constitution prévoit un mécanisme spécifique : si le président omet de transmettre la déclaration nécessaire après 21 jours d'absence, l'Assemblée nationale a le pouvoir, à la majorité simple, de mandater le vice-président pour assurer l'intérim. L'absence de réaction des parlementaires face à cette situation est qualifiée par l'ancien ministre d'« anarchie démocratique ».

Divergences sur la continuité de l'État

Face à ces accusations, la position officielle reste celle de la continuité. Le président du Sénat, Godswill Akpabio, a récemment affirmé qu'aucun vide de leadership n'existait, arguant que Bola Tinubu continue de diriger les affaires du pays depuis l'étranger. Cette lecture est toutefois contestée par ceux qui réclament une transparence accrue sur les activités réelles et la localisation précise du chef de l'État.

Un enjeu de transparence démocratique

Au-delà de la querelle sémantique sur les « vacances de travail », cette affaire soulève une question de fond sur la redevabilité des institutions. L'exigence de clarté exprimée par plusieurs voix citoyennes porte sur la nécessité pour l'exécutif de rendre compte de ses déplacements et de son état de disponibilité. Alors que le président a prolongé son séjour initial de trois semaines, le débat sur le respect strict des procédures constitutionnelles reste un point de tension majeur dans le paysage politique nigérian.

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