Le cyberactiviste béninois Steve Amoussou a recouvré la liberté ce 20 août 2026, au terme d'une peine de deux ans d'emprisonnement. Cette libération intervient dans un climat politique marqué par une série de condamnations judiciaires visant des figures de l'opposition et des voix critiques du pouvoir en place.
Un parcours judiciaire controversé
Steve Amoussou avait été placé sous mandat de dépôt en août 2024, suite à une interpellation musclée au Togo. Ses conseils juridiques avaient alors qualifié l'opération d'enlèvement, soulignant les conditions irrégulières de son transfert vers le Bénin. Jugé par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), il a été condamné pour « injure avec motivation politique » et « diffusion de fausses nouvelles ». Tout au long de la procédure, l'intéressé a fermement nié être l'auteur des tribunes audio diffusées sous le pseudonyme de « Frère Hounvi », un compte influent qui totalisait 75 000 abonnés et critiquait régulièrement la gestion du président Patrice Talon.
Le paysage judiciaire béninois
La sortie de prison de Steve Amoussou s'inscrit dans un contexte de tensions politiques persistantes. Début août, Julien Kandé Kansou, membre d'un parti d'opposition, avait également été libéré après avoir bénéficié d'une grâce présidentielle, alors qu'il purgeait une peine pour « incitation à la rébellion ». Ces libérations contrastent avec le maintien en détention de nombreuses personnalités politiques et figures de la société civile. Des opposants de premier plan, tels que Reckya Madougou et Joël Aïvo, ainsi que des anciens proches du pouvoir comme Olivier Boko et l'ex-ministre Oswald Homéky, purgent actuellement des peines d'au moins dix ans de prison.
Une instabilité politique sous surveillance
La justice béninoise reste fortement sollicitée par les autorités dans un climat de méfiance accrue. Depuis la tentative de coup d'État déjouée en décembre 2025, les autorités ont multiplié les interpellations, visant une trentaine de militaires et de personnalités politiques. Ces événements successifs soulignent les défis majeurs auxquels fait face le pays en matière de libertés publiques et de stabilité institutionnelle, alors que le système judiciaire, notamment via la Criet, demeure au cœur des dynamiques de régulation politique du pays.