Le Crédit Populaire d’Algérie (CPA) a finalisé fin juillet son retrait du capital de l’établissement financier espagnol Aresbank. Cette opération, qui marque la fin de la présence algérienne au sein de cette structure, permet à la Libyan Foreign Bank de devenir l'unique actionnaire de la banque.
Une sortie stratégique du capital
La participation cédée par le CPA était symbolique en termes de volume, représentant 0,14 % du capital d'Aresbank. La Libyan Foreign Bank, qui détenait déjà 99,86 % des parts, consolide ainsi son contrôle total sur l'institution. Fondée en 1975, Aresbank demeure un acteur spécialisé dans le financement du commerce international, particulièrement entre l'Espagne et les pays arabes. L'établissement affiche une santé financière solide, avec un bénéfice de 16 millions d'euros enregistré en 2025, marquant une progression annuelle de 21 %.
Un contexte diplomatique en évolution
Ce désengagement bancaire survient dans un climat de réchauffement diplomatique entre Alger et Madrid, illustré par la récente visite du chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, en Algérie. Cette séquence politique fait suite à une période de tensions bilatérales prolongées. Sur le plan opérationnel, les relations financières avaient déjà connu un tournant en novembre 2024, lorsque les institutions algériennes ont rétabli la possibilité de traiter les opérations de commerce extérieur avec les entreprises espagnoles.
La dynamique des échanges commerciaux
Malgré ce retrait du CPA, les flux économiques entre les deux nations restent soutenus, portés principalement par le secteur des hydrocarbures. L'Algérie demeure un fournisseur clé de gaz naturel pour l'Espagne, notamment via le gazoduc Medgaz. Les données actuelles soulignent un déséquilibre structurel de la balance commerciale : les importations espagnoles en provenance d'Algérie s'élèvent à environ 6 milliards d'euros, tandis que les exportations espagnoles vers le marché algérien atteignent près de 900 millions d'euros.
L'expansion bancaire libyenne
Pour la Libyan Foreign Bank, cette opération renforce une stratégie d'implantation internationale déjà diversifiée. L'institution libyenne détient des participations dans plusieurs établissements financiers à travers le monde, notamment en Italie, au Royaume-Uni, en Ouganda et en Mauritanie. La prise de contrôle totale d'Aresbank s'inscrit dans la continuité de ce déploiement géographique visant à sécuriser et faciliter les transactions financières transfrontalières.