Le crash aérien survenu le 25 septembre 2026 à Kenge, dans la province du Kwango, a provoqué une onde de choc en République Démocratique du Congo. Au-delà du deuil national, cet accident tragique, qui a coûté la vie à de hauts responsables de la justice militaire, soulève des questions urgentes sur la gestion des infrastructures stratégiques et la sécurité publique.
Un bilan humain lourd pour la justice militaire
Le drame a frappé le sommet de l'appareil judiciaire militaire congolais. Parmi les victimes figurent le lieutenant-général Lucien-René Likulia Bakumi, auditeur général des FARDC près la Haute Cour militaire, ainsi que le lieutenant-général Joseph Mutombo Katalayi Tiende, premier président de la Haute Cour militaire. Le sénateur Jean Bamanisa Saidi a exprimé ses condoléances aux familles et aux institutions touchées, tout en soulignant que cette perte fragilise des piliers essentiels de l'État.
L'urbanisation sauvage au cœur des risques
Pour Jean Bamanisa, cet accident ne doit pas être réduit à une simple défaillance technique. Il pointe du doigt l'érosion des emprises publiques, illustrée par l'occupation urbaine de l'aérodrome de Kenge. Selon le sénateur, l'empiètement des zones habitées sur les infrastructures aéroportuaires empêche toute manœuvre d'urgence sécurisée. Il souligne qu'une piste maintenue en état et protégée des constructions illégales aurait pu offrir une issue de secours vitale lors de cet atterrissage de détresse.
Vers une réforme de la gestion territoriale
Face à ce constat, le sénateur appelle à une application rigoureuse de la loi n° 25/045 du 1er juillet 2025 relative à l’aménagement du territoire. Il insiste sur la nécessité de cartographier et de sanctuariser les infrastructures stratégiques pour éviter qu'elles ne disparaissent sous la pression de l'urbanisation. Cette démarche nécessite une coordination accrue entre l'Autorité de l'aviation civile, les autorités provinciales et les institutions nationales d'aménagement.
Une chaîne de sécurité à consolider
La vision portée par Jean Bamanisa est celle d'une responsabilité étatique unifiée. Il préconise une articulation cohérente entre les politiques foncières, l'urbanisme et les transports. Pour le parlementaire, la sécurité des citoyens ne peut être fragmentée : elle exige une chaîne de commandement rigoureuse, capable d'anticiper les risques plutôt que de subir les conséquences de l'improvisation. La mise en œuvre effective des textes existants constitue, selon lui, le seul hommage durable à rendre aux disparus de Kenge.