Le Centre pour la promotion de l'entreprise privée (CPPE) exhorte les autorités nigérianes à réexaminer les permis de travail et les quotas d'expatriés accordés aux ressortissants étrangers opérant dans le commerce de détail. Cette demande vise à protéger les entreprises locales et les emplois nationaux dans un secteur où la capacité domestique est jugée suffisante.
Une menace pour le tissu économique local
Muda Yusuf, directeur général du CPPE, souligne que l'intrusion croissante de commerçants étrangers, notamment chinois, dans des segments tels que le textile, l'électronique, les pièces automobiles et les produits de grande consommation, fragilise les PME nigérianes. Le secteur de la distribution représente environ 27,5 % de la main-d'œuvre nationale. Cette concurrence directe intervient dans un contexte économique déjà tendu, marqué par une faible capacité d'achat des consommateurs, des coûts de financement élevés et un taux de chômage persistant.
Détournement de l'usage des quotas d'expatriés
Le CPPE dénonce une dérive dans l'attribution des visas et permis de travail. Selon Muda Yusuf, les quotas d'expatriés devraient être strictement réservés à l'importation de compétences techniques rares ou indisponibles localement. Or, le commerce de détail ne requiert pas d'expertise spécialisée justifiant le recours à une main-d'œuvre étrangère. L'organisation pointe du doigt une incohérence réglementaire où des fournisseurs étrangers, initialement partenaires des importateurs nigérians, finissent par concurrencer directement ces derniers sur le marché final.
Vers une meilleure coordination réglementaire
L'organisation ne prône pas un protectionnisme aveugle ni une hostilité envers les investisseurs étrangers, rappelant que la Chine demeure un partenaire commercial stratégique pour le Nigeria. Elle appelle toutefois à une application plus rigoureuse des lois existantes et à une meilleure coordination entre les services d'immigration, les autorités commerciales et le ministère du Travail. Le CPPE suggère que les investissements étrangers soient plutôt orientés vers des secteurs à forte valeur ajoutée, tels que l'agro-industrie, l'énergie, les infrastructures, la technologie et la logistique, où le pays a un besoin réel de capitaux et de transfert de savoir-faire.
Un enjeu de souveraineté commerciale
Les tensions observées dans plusieurs grands marchés commerciaux, où des commerçants locaux ont manifesté leur mécontentement, illustrent l'urgence de la situation. Le CPPE insiste sur la nécessité de définir des lignes directrices claires pour la participation étrangère dans la chaîne de valeur de la distribution, afin de garantir une concurrence équitable et de préserver les moyens de subsistance des entrepreneurs nigérians.