À l'occasion du 117e anniversaire de la naissance de Kwame Nkrumah, le Convention People’s Party (CPP) a réaffirmé son attachement au modèle de développement porté par le père de l'indépendance ghanéenne. Le parti appelle les autorités à mettre fin à la dégradation des actifs publics et à privilégier une gestion nationale rigoureuse plutôt que le recours systématique au secteur privé.
Une vision souverainiste face aux actifs publics
Le CPP lie directement la gestion des entreprises d'État à la philosophie de Kwame Nkrumah, fondée sur le nationalisme et l'autosuffisance économique. Selon le parti, le déclin observé au sein de certaines structures publiques, couplé à la cession d'actifs à des intérêts privés proches du pouvoir, constitue une déviation par rapport à la vision initiale du pays. Pour le porte-parole du CPP, Osei Kofi Acquah, il est impératif de démontrer que les compétences locales sont suffisantes pour administrer efficacement les fleurons industriels et utilitaires du pays.
Le bras de fer autour de l'Electricity Company of Ghana
Au cœur des tensions actuelles figure le projet gouvernemental d'ouvrir le capital de l'Electricity Company of Ghana (ECG) à des partenaires privés. Si le ministère de l'Énergie assure qu'il ne s'agit ni d'une vente ni d'un transfert de propriété, mais d'une simple injection d'expertise opérationnelle, le CPP y voit une tentative de privatisation déguisée. Le parti conteste cette approche, arguant que la souveraineté sur les services publics stratégiques doit rester une priorité absolue pour garantir l'intérêt collectif.
Le levier de l'emploi et de la souveraineté financière
Au-delà de la dimension symbolique de l'anniversaire de Nkrumah, le CPP présente la revitalisation des entreprises d'État comme une solution concrète aux défis socio-économiques du Ghana. En restaurant ces entités, le gouvernement pourrait, selon le parti, générer des revenus substantiels pour les caisses publiques tout en créant des emplois pour la jeunesse. Cette position s'inscrit dans un débat national plus large sur la gouvernance des entités supervisées par la State Interests and Governance Authority (SIGA), où la question de l'efficacité de la gestion publique face aux impératifs de rentabilité reste un point de crispation majeur.