Le coût politique de la protection environnementale au Ghana entrave la lutte contre l'orpaillage illégal

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 32 lectures
Le coût politique de la protection environnementale au Ghana entrave la lutte contre l'orpaillage illégal

L'ancien ministre ghanéen de l'Environnement, Kwabena Frimpong-Boateng, pointe une faille structurelle dans la gouvernance environnementale du pays : le déséquilibre entre le coût politique de l'application des lois et l'impunité dont bénéficient ceux qui les ignorent. Cette dynamique, selon lui, compromet durablement la lutte contre l'orpaillage illégal, le « galamsey », qui dévaste les écosystèmes nationaux.

L'érosion des politiques de lutte contre le galamsey

Entre 2017 et 2021, alors qu'il présidait le comité interministériel dédié à cette problématique, plusieurs mesures d'envergure avaient été déployées, incluant des opérations militaires, la formation de mineurs et le suivi technologique des concessions. Si ces initiatives ont permis une amélioration temporaire de la qualité des eaux, notamment du fleuve Pra, leur efficacité a été annulée par la levée de l'interdiction de l'exploitation minière artisanale en décembre 2018. Pour l'ancien ministre, si l'autorisation d'exploiter a survécu, l'architecture de contrôle et de protection qui la rendait acceptable a été démantelée.

Le poids des calculs électoraux sur l'écologie

Le constat de Kwabena Frimpong-Boateng est sévère : la protection de l'environnement est sacrifiée sur l'autel du court-termisme électoral. Alors que les bénéfices de la restauration des forêts et des cours d'eau s'inscrivent sur le long terme, les conséquences politiques d'une application stricte de la loi sont immédiates et souvent perçues comme un risque pour les gouvernants. Cette réalité a conduit à une culture où l'abandon des politiques environnementales par les gouvernements successifs ne suscite aucune sanction politique.

Vers un pacte national pour la continuité

Pour briser ce cycle, l'ancien ministre propose la création d'un « Pacte national pour l'environnement ». Ce cadre, négocié entre les partis politiques et validé par le Parlement, viserait à sanctuariser les engagements environnementaux au-delà des alternances politiques. L'idée centrale est de rendre l'abandon d'une politique publique coûteux pour ses auteurs : tout gouvernement souhaitant interrompre un programme environnemental devrait justifier sa décision devant le Parlement, en détaillant les ressources publiques déjà investies. En imposant une responsabilité politique à l'abandon des mesures, Kwabena Frimpong-Boateng espère instaurer une continuité indispensable à la survie des ressources naturelles du Ghana.

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