Le prix du fret maritime pour les superpétroliers a bondi à 80 millions de dollars en octobre, contre 10‑15 millions au début de l’année, ce qui contraint les exportations de brut lourd d’Amérique du Nord et du Sud. Cette hausse crée un déséquilibre entre les stocks de barils sur le continent américain et la demande croissante des raffineries asiatiques et européennes.
Explosion du coût d’affrètement des superpétroliers
Selon les données du secteur, le tarif d’un superpétrolier reliant le golfe du Mexique à l’Asie a dépassé les 80 millions de dollars en octobre, soit une multiplication par huit du niveau observé en début d’année. Le même itinéraire vers l’Europe se chiffre désormais à 46 millions de dollars, soit 24,5 dollars par baril, contre environ 6,5 dollars avant le conflit avec l’Iran. Le transport vers l’Asie représente quant à lui près de 40 dollars par baril, un coût qui pèse lourdement sur la compétitivité du brut lourd américain.
Conséquences sur les prix du brut lourd des Amériques
Face à ces frais d’expédition, les prix de référence du brut lourd issu du Canada, de la Colombie et de l’Équateur ont chuté de plus de 10 dollars le baril, atteignant leurs plus bas niveaux depuis six semaines, d’après Argus Media. Le Western Canada Select s’échangeait autour de 74 dollars le baril, le Vasconia colombien à 84 dollars et l’Oriente équatorien à 76 dollars. Le brut vénézuélien, hors transport, se situait à environ 74,5 dollars le baril. Cette décote reflète la difficulté à écouler les volumes lorsque le transport devient prohibitif.
Réactions des raffineries et perspectives d’approvisionnement
Les raffineries du golfe du Mexique, déjà proches de leurs capacités maximales, peinent à absorber les volumes qui restent bloqués à cause du coût du fret. Le taux d’utilisation des raffineries américaines était de 92,7 % pour la semaine du 2 octobre, tandis que les exportations américaines de brut s’élevaient à 4,77 millions de barils par jour, avec des stocks en baisse de 3,2 millions de barils à 424,1 millions. En Asie, les opérateurs reconsidèrent leurs stratégies d’approvisionnement, privilégiant davantage les cargaisons du Moyen-Orient ou d’Amérique latine lorsque le différentiel de prix devient favorable. Parallèlement, la pénurie de navires, aggravée par les opérations de transfert dans le golfe d’Oman, limite la disponibilité de la flotte mondiale, accentuant la pression sur les coûts de transport et les flux commerciaux de brut lourd.