La stratégie de réduction des effectifs fédéraux pilotée par le Département de l'efficacité gouvernementale (Doge) a révélé un paradoxe financier majeur. Si l'objectif affiché était de rationaliser les dépenses publiques, le processus de licenciement et de départs volontaires a engendré un coût immédiat de 9,5 milliards de dollars pour l'État américain.
Un mécanisme de départs coûteux
Le Bureau de la responsabilité gouvernementale a mis en lumière que 70 % de ces dépenses, soit 6,7 milliards de dollars, découlent d'un programme de démission différée lancé en janvier 2025. Pour inciter les fonctionnaires à quitter leurs postes, l'administration Trump a maintenu le versement intégral des salaires et avantages sociaux de ces agents jusqu'en septembre 2025. Cette mesure, conçue pour accélérer la réduction des effectifs, a représenté une charge financière ponctuelle significative, bien que l'Office of personnel management (OPM) soutienne que ces coûts seront compensés par des économies structurelles annuelles estimées à 20 milliards de dollars.
Une réduction drastique et inégale des effectifs
Entre l'investiture de Donald Trump et juillet 2026, les effectifs civils fédéraux ont diminué de 271 363 personnes, soit une baisse globale de 12 %. Toutefois, cette cure d'austérité a été appliquée de manière très hétérogène selon les agences. L'USAID a subi une réduction massive de 95 % de son personnel, tandis que le département de l'Éducation a vu ses effectifs fondre de 46 %. À l'inverse, le département de la Sécurité intérieure a été largement épargné, avec une baisse de moins de 1 %.
Le bilan controversé du Doge
La mission confiée à Elon Musk, qui visait initialement des économies de 1 000 à 2 000 milliards de dollars, a finalement abouti à des estimations beaucoup plus modestes, chiffrées à 215 milliards de dollars par le Doge lui-même, sans toutefois faire l'objet d'une vérification indépendante. Cette gestion fait l'objet de vives critiques politiques, notamment de la part de la sénatrice Patty Murray, qui dénonce un gaspillage budgétaire ayant conduit à l'éviction d'experts indispensables au fonctionnement de l'État, affaiblissant ainsi la capacité opérationnelle des services publics.