Le court-métrage « Mia », première réalisation de Hana Halia Lebo Traoré, a été désigné lauréat du Prix de la critique de cinéma du Burkina, décerné par l'Association des critiques de cinéma du Burkina (ASCRIC-B). Cette distinction, remise lors de la 8e édition de la Semaine de la critique de cinéma de Ouagadougou (SECRICO), met en lumière une œuvre traitant des vulnérabilités des adolescents face au harcèlement sexuel et aux usages risqués du numérique.
Une exploration des dangers de l'adolescence
À travers le récit de « Mia », la réalisatrice propose une immersion dans les réalités complexes de la jeunesse contemporaine. Le film aborde frontalement le harcèlement subi par une adolescente de la part de son petit ami, tout en soulignant les dangers liés à une utilisation non maîtrisée des outils numériques. Hana Halia Lebo Traoré explique avoir puisé dans l'observation sociale pour illustrer ces moments où le désir de liberté des jeunes, souvent en opposition avec l'autorité parentale, les expose à des situations dont ils ne mesurent pas toujours la gravité.
Des critères d'évaluation exigeants
Le choix du jury, présidé par l'ASCRIC-B, s'est appuyé sur trois piliers fondamentaux : la créativité narrative et technique, la pertinence du sujet et la portée universelle du récit. Selon Annick Rachel Kandolo, vice-présidente de l'association, il ne suffit pas de traiter une thématique sociale forte pour convaincre ; l'œuvre doit également démontrer une maîtrise artistique capable de toucher un public au-delà de son contexte géographique immédiat. « Mia » a su s'imposer face à deux autres courts-métrages en compétition, « L'Audition » d'Annaïs Irma Kayaba Kéré et « Sous le ronier » d'Orokia Barro.
Vers une nouvelle dynamique féminine dans le cinéma
La sélection exclusivement féminine de cette édition a été saluée par le président de l'ASCRIC-B, Abraham Bayili, comme un indicateur prometteur de l'évolution du paysage cinématographique national. Pour l'association, ce prix vise à soutenir l'émergence de nouveaux talents tout en renforçant le rôle essentiel de la critique dans la valorisation et la compréhension des œuvres. Si cette récompense n'est pas dotée financièrement, l'ambition de l'ASCRIC-B est de lui conférer une crédibilité professionnelle accrue, capable d'attirer l'attention des institutions et des partenaires du secteur.
La critique au service de la création
La 8e édition de la SECRICO ne s'est pas limitée à la compétition. Elle a également servi de cadre à une réflexion sur l'héritage des Étalons d'or de Yennenga et leur capacité à stimuler la qualité des productions locales. En parallèle, des ateliers ont permis de former des journalistes aux techniques d'analyse filmique. Une projection publique des trois films en compétition est prévue pour le 31 octobre 2026, afin de prolonger le dialogue entre les créatrices et le public.