À moins de cinq mois de l'expiration des mandats des élus territoriaux, le Collectif des organisations de la société civile pour les élections (COSCE) monte au créneau pour exiger une visibilité sur le calendrier électoral. Cette interpellation intervient dans un climat de tension politique marqué par l'absence de décret présidentiel convoquant le corps électoral et des interrogations sur la tenue des scrutins locaux.
L'urgence d'un calendrier électoral
Le mandat des conseils départementaux et municipaux, issus du scrutin du 23 janvier 2022, s'achève officiellement le 22 janvier 2027. Conformément aux dispositions du Code électoral, les prochaines élections doivent se dérouler dans les trente jours précédant cette date limite. Pourtant, le ministre de l'Intérieur, Bamba Cissé, a confirmé qu'aucun décret n'a encore été pris, soulignant que le processus ne peut être formellement enclenché sans cet acte administratif préalable.
Le blocage institutionnel et judiciaire
L'incertitude entourant ces échéances s'inscrit dans un contexte politique complexe. Le président Bassirou Diomaye Faye, privé de majorité parlementaire depuis mai 2026, a sollicité l'avis du Conseil constitutionnel sur la possibilité d'un jumelage entre les élections législatives et locales. Parallèlement, les tentatives de recours judiciaire, notamment celle portée par le collectif Ñoo Lank, ont échoué devant la Cour suprême, qui s'est déclarée incompétente pour trancher sur l'absence de date officielle.
Les exigences de transparence du COSCE
Au-delà de la simple fixation d'une date, le COSCE insiste sur la nécessité d'une concertation inclusive avec l'ensemble des acteurs politiques. L'expert électoral Ndiaga Sylla souligne que le retard pris pourrait nuire à la transparence et à la sécurité juridique du scrutin. Le collectif réclame des clarifications urgentes sur les étapes techniques indispensables : la révision des listes électorales, le montant des cautions et les modalités de dépôt des candidatures. Pour le COSCE, cette démarche préventive est le seul moyen de garantir la crédibilité du processus et d'éviter les contestations post-électorales.