Aïssatou Diop Fall, directrice de publication de la Web TV PublicSn TV, a été blâmée par le CORED le 2 septembre 2026 après avoir tenu des propos jugés diffamatoires à l’encontre de deux personnalités publiques sénégalaises. La sanction, inscrite dans l’Avis n°12/2026, rappelle les exigences de la Charte des journalistes en matière de respect de la dignité humaine et de lutte contre la haine.
Propos ciblés contre Dame Mbodj et Ousmane Sonko
Lors de l’émission « Round Up » du 11 juillet 2026, la journaliste a déclaré à Dame Mbodj, directeur général chargé des infrastructures publiques de Diamniadio et du Lac Rose, que « il lui restait quelques jours à vivre ». Quatre jours plus tard, dans une autre diffusion, elle a qualifié le président de Pastef, Ousmane Sonko, de « cancer du pays » et d’« ennemi public numéro 1 », appelant à son « éradication ». Ces remarques ont déclenché l’auto‑saisine du CORED.
Défense de la journaliste et argumentation sur le ton de l’émission
Aïssatou Diop Fall a soutenu que ses interventions s’inscrivaient dans le cadre d’une émission au ton « free et relaxe », arguant que les phrases n’étaient pas insultantes et que le régulateur avait interprété ses propos au premier degré. Elle a également insinué que le CORED aurait saisi l’affaire pour des raisons politiques, évoquant une prétendue attaque contre les militants de Pastef.
Rappel des obligations déontologiques du journaliste
Le tribunal des pairs a rappelé que l’article 3 de la Charte des journalistes impose le respect de la dignité de chaque personne et que le point 10 prohibe toute forme de diffamation, d’injure ou d’apologie de la violence. Selon le CORED, le ton impertinent invoqué par la journaliste ne justifie pas des propos qui heurtent la bienséance et manquent d’argumentation solide.
Conséquences pour le paysage médiatique sénégalais
Le blâme prononcé contre Aïssatou Diop Fall constitue un rappel fort aux acteurs médiatiques du Sénégal quant aux limites de la liberté d’expression lorsqu’elle franchit le seuil de la diffamation. Cette décision pourrait inciter les rédactions à renforcer leurs procédures de contrôle éditorial afin d’éviter des sanctions similaires et à réévaluer le cadre de leurs débats publics.