Le contrat des uniformes de police kényans de 2,8 milliards de shillings lié à l’entourage du président Ruto

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 50 lectures
Le contrat des uniformes de police kényans de 2,8 milliards de shillings lié à l’entourage du président Ruto

Un contrat de 2,8 milliards de shillings pour les uniformes de la police kényane, attribué à une entreprise récemment créée, interroge sur ses liens avec l’entourage du président William Ruto. L’adresse officielle de Nalitex Limited, le fournisseur désigné, s’avère partagée avec des entités liées à sa famille, tandis que son siège social à Nairobi reste introuvable.

Une entreprise fantôme aux origines troubles

Nalitex Limited, enregistrée le 3 mai 2024, a été désignée comme le principal fournisseur des nouveaux uniformes de la police kényane. Pourtant, les investigations révèlent des incohérences majeures : son adresse postale à Nairobi correspond à celle d’un cabinet d’audit et d’une société immobilière, toutes deux liées à la famille du président Ruto. Pire, le siège social de l’entreprise n’a pu être localisé, soulevant des doutes sur son existence réelle et sa capacité à honorer un contrat de cette envergure.

Un contrat de 2,8 milliards de shillings en pleine controverse

Le montant de 2,8 milliards de shillings (environ 21 millions de dollars) alloué à Nalitex Limited pour la fourniture des uniformes a été dévoilé lors d’une cérémonie officielle au Kenya Police Training College de Kiganjo, en présence du président Ruto. Ce contrat, présenté comme une avancée pour moderniser l’équipement des forces de l’ordre, intervient dans un contexte de tensions croissantes autour de la transparence des marchés publics au Kenya. Les critiques pointent déjà des procédures d’attribution opaques et des soupçons de favoritisme.

Des questions sur la gouvernance et la redevabilité

L’affaire relance le débat sur la gouvernance au Kenya, où les liens entre le pouvoir politique et le secteur privé alimentent régulièrement des scandales. Les opposants au gouvernement accusent déjà une instrumentalisation des marchés publics à des fins personnelles, tandis que les défenseurs de la transparence réclament une enquête indépendante. Pour l’heure, ni le président Ruto ni les responsables du ministère de l’Intérieur n’ont réagi publiquement aux révélations, laissant planer un silence qui pourrait aggraver la défiance des citoyens envers les institutions.

Quelles suites pour ce contrat controversé ?

Plusieurs pistes se dessinent pour éclaircir cette affaire : une vérification approfondie des documents de Nalitex Limited, une audition des responsables du ministère concerné, ou encore une saisine des autorités anticorruption. Une chose est sûre : ce contrat, s’il est confirmé, pourrait devenir un symbole des dysfonctionnements persistants dans la gestion des fonds publics au Kenya. Les Kenyans attendent des réponses, d’autant que les élections de 2027 approchent et que la question de la redevabilité des dirigeants sera au cœur des débats politiques.

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