Le constructeur automobile BYD franchit une nouvelle étape dans la numérisation des véhicules avec le lancement de la troisième génération de son SUV électrique Tang. En intégrant des dalles numériques aux dimensions inédites, la marque chinoise impose une nouvelle norme esthétique et technologique qui interroge toutefois sur l'ergonomie et la sécurité au volant.
Une architecture numérique imposante
La nouvelle interface, baptisée « Giant Screen UI », transforme radicalement l'expérience à bord du SUV Tang. Le tableau de bord est désormais dominé par deux surfaces d'affichage massives : une première dalle de 35,4 pouces située sous la base du pare-brise, dédiée aux informations de conduite et à la navigation, et un écran tactile panoramique de 30 pouces couvrant les zones centrale et passager. Cette configuration, qui s'apparente à un poste de pilotage futuriste, permet une gestion modulaire des fenêtres, offrant aux utilisateurs la possibilité de juxtaposer et de redimensionner les applications de navigation ou de divertissement selon leurs besoins.
L'intégration de l'intelligence artificielle
Au-delà de la simple démultiplication des pixels, BYD mise sur l'interaction homme-machine avec l'introduction de « Xiao Mianbao », un compagnon virtuel animé. Ce système, dopé à l'intelligence artificielle, est conçu pour répondre aux commandes vocales et traiter des informations visuelles. Cette fonctionnalité s'inscrit dans une tendance plus large du secteur, où les constructeurs cherchent à transformer l'habitacle en un espace de vie connecté, capable de réagir en temps réel aux sollicitations des occupants.
Le défi de la sécurité et de l'usage
Cette course au gigantisme numérique, également illustrée par le « Hyperscreen » de Mercedes, soulève des questions fondamentales sur la sécurité routière. Si ces écrans améliorent la lisibilité des données, la concentration de multiples commandes au sein de menus tactiles complexes peut devenir une source de distraction importante pour le conducteur. Contrairement aux commandes physiques traditionnelles, qui permettent une manipulation intuitive sans quitter la route des yeux, ces interfaces tout-numérique imposent une charge cognitive accrue. L'enjeu pour les constructeurs sera désormais de trouver l'équilibre entre l'attrait technologique de ces écrans géants et la nécessité de maintenir une vigilance optimale du conducteur, alors que les réglementations sur la surveillance du regard se durcissent à l'échelle internationale.